Publié le 21 octobre 2025 00:53:00. La formation des futurs médecins québécois est perturbée par la crise des négociations entre le gouvernement et les médecins, avec des conséquences potentielles sur l’accès aux soins pour les patients.
- Les étudiants en médecine pourraient voir leur date d’obtention de diplôme repoussée.
- Les fédérations de médecins spécialistes et généralistes ont réduit l’accès aux stages cliniques pour les étudiants.
- Le projet de loi 106, liant la rémunération des médecins à des indicateurs de performance, est au cœur du conflit.
La formation des étudiants en médecine du Québec est actuellement compromise en raison d’une impasse dans les négociations contractuelles entre la province et ses médecins. La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a récemment demandé à ses membres de suspendre leur enseignement aux étudiants, en réaction au projet de loi 106 – une initiative gouvernementale visant à lier la rémunération des médecins à des objectifs de performance et à encourager une augmentation du nombre d’heures travaillées. Quelques semaines plus tard, la Fédération des médecins généralistes a emboîté le pas, réduisant encore davantage les opportunités de stages cliniques à travers le Québec.
Selon Nicolas Dostie, représentant de l’Association des étudiants en médecine de l’Université de Montréal, la situation est alarmante.
« On a l’impression d’être de retour à la case départ. Les étudiants qui sont censés effectuer leurs stages cliniques dans les hôpitaux sont à la maison. Ils n’apprennent donc pas à traiter une crise cardiaque. Ils n’apprennent pas à rassurer leurs parents. »
Les étudiants craignent désormais que la date prévue pour l’obtention de leur diplôme, fixée à juillet 2026, ne puisse pas être respectée si la situation ne se résout pas rapidement. Ryan Kara, président exécutif de la Société des étudiants en médecine de McGill, souligne l’importance d’être sur le terrain pour acquérir une expérience pratique.
« Plus nous ne sommes pas à l’école, plus les conséquences sont grandes. Si nous ne pouvons pas commencer la résidence à temps, cela signifie que les patients devront attendre encore plus qu’ils n’attendent déjà en ce moment. »
Dans une lettre adressée ce week-end au premier ministre François Legault, dont Global News a obtenu une copie, le président de la FMSQ a qualifié le projet de loi 106 de « punitif et incohérent », reprochant au ministre de la Santé, Christian Dubé, de « contrecarrer » les négociations par sa « volonté de punir les médecins pour les problèmes du réseau de la santé ». La FMSQ affirme avoir perdu confiance en M. Dubé, et une tentative de médiation de trois semaines s’est récemment soldée par un échec.
Le premier ministre Legault a répondu en défendant le projet de loi 106 comme étant « essentiel » à l’amélioration du système de santé et a invité les fédérations de médecins à reprendre les négociations. La province n’exclut pas la possibilité d’une législation de retour au travail, affirmant que toutes les options sont envisagées.
Les étudiants demandent au gouvernement de faire preuve de flexibilité.
« Nous voulons que le gouvernement fasse preuve de flexibilité, ouvre la porte à l’arbitrage et aide les 5 000 étudiants en médecine du Québec à retourner au chevet et dans les salles de classe. »
a déclaré Nicolas Dostie.
Catherine Barbeau, porte-parole du bureau de M. Dubé, a exprimé sa préoccupation face aux retards potentiels dans l’obtention du diplôme des étudiants, soulignant que cela pourrait avoir un impact direct sur les patients.
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