Home MondeLes Européens après la décision de Trump : « Le Groenland appartient à son peuple »

Les Européens après la décision de Trump : « Le Groenland appartient à son peuple »

by Clara Dubois

Publié le 6 janvier 2024 14:55:00. Face aux revendications américaines sur le Groenland, plusieurs puissances européennes ont réaffirmé leur soutien au Danemark et à l’autonomie de l’île arctique, tout en soulignant l’importance de la coopération au sein de l’OTAN.

  • L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Danemark soutiennent la souveraineté danoise sur le Groenland.
  • Les États-Unis maintiennent leur intérêt stratégique pour l’île, évoquant des considérations de sécurité nationale.
  • Le Premier ministre danois met en garde contre les conséquences d’une attaque américaine contre un pays de l’OTAN.

Plusieurs nations européennes se sont alignées sur le Danemark dans le différend croissant avec les États-Unis concernant le Groenland. Le président américain Donald Trump a réitéré ces derniers jours sa volonté de voir les États-Unis contrôler l’île, invoquant des impératifs de sécurité nationale. Cette prise de position a suscité une vive réaction de la part de plusieurs capitales européennes, qui ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté danoise et à l’autonomie du Groenland.

Dans un communiqué conjoint, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Danemark ont souligné que le Groenland, faisant partie intégrante du Royaume du Danemark, relève de la protection de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Ils ont insisté sur l’importance des principes fondamentaux de souveraineté, d’intégrité territoriale et d’inviolabilité des frontières, tels que définis dans la Charte des Nations Unies.

« Ces principes d’application générale, nous ne cesserons de les défendre. »

Communiqué conjoint des pays européens

Le Premier ministre danois, Mette Frederiksen, a exprimé de vives inquiétudes quant aux implications d’une éventuelle action américaine. Elle a averti qu’une attaque contre un pays membre de l’OTAN mettrait en péril l’ensemble de l’alliance et l’architecture de sécurité occidentale établie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une réunion d’urgence du Parlement danois a été convoquée pour discuter de la situation.

Les revendications américaines ne sont pas nouvelles. Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de Donald Trump, a récemment affirmé que la revendication américaine sur le Groenland était « la position officielle du gouvernement américain ». Il a même suggéré qu’une annexion du Groenland par les États-Unis ne rencontrerait aucune résistance militaire, déclarant sur CNN :

« Personne ne combattra militairement contre les États-Unis à cause de l’avenir du Groenland. »

Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de Donald Trump

Miller a également remis en question la légitimité de l’appartenance du Groenland au Danemark, suggérant que le Groenland devrait être intégré aux États-Unis sans recourir à la force.

Le Groenland, la plus grande île du monde (2 166 086 km²), jouit d’une large autonomie au sein du Royaume du Danemark. Sa position stratégique, entre l’Amérique du Nord et l’Europe, et sa situation sur une route potentielle de missiles entre la Russie et les États-Unis, en font un territoire d’intérêt géopolitique croissant. De plus, l’île recèle d’importantes ressources naturelles encore largement inexploitées. Le réchauffement climatique et l’ouverture de nouvelles voies maritimes dans l’Arctique ont accentué cet intérêt, attirant l’attention des États-Unis, de la Chine et de la Russie.

Avec des informations de la dpa et de l’AFP

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