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Les experts proposent la reconnaissance de la psychose post-partum comme un état psychiatrique distinct

by Sophie Martin

Publié le 25 octobre 2025 18h05. Des experts internationaux plaident pour une reconnaissance officielle de la psychose post-partum comme une maladie mentale distincte, afin d’améliorer la prise en charge des femmes concernées et de prévenir des tragédies.

  • Un consensus scientifique soutient que la psychose post-partum possède une base biologique spécifique, différente des troubles bipolaires ou dépressifs majeurs.
  • Les experts recommandent l’introduction de critères diagnostiques précis pour identifier la maladie dans les 12 premières semaines suivant l’accouchement.
  • Une classification distincte permettrait d’améliorer le pronostic des patientes et de réduire les risques pour la mère et l’enfant.

La psychose post-partum, une affection psychiatrique aiguë et grave qui survient généralement dans les semaines suivant la naissance, est aujourd’hui considérée comme une urgence médicale. Elle se manifeste par des troubles affectifs intenses, des épisodes maniaques, des états mixtes ou une dépression accompagnée de symptômes psychotiques. Confusion, irritabilité et agitation psychomotrice sont également des signes courants.

Malgré sa clarté clinique, la psychose post-partum ne figure pas encore en tant que diagnostic à part entière dans les manuels de référence en psychiatrie, tels que le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et la CIM (Classification internationale des maladies). Elle est actuellement classée comme une sous-catégorie d’autres troubles mentaux, apparaissant pendant la période péripartum (pendant la grossesse ou immédiatement après l’accouchement), sans distinction claire.

Une équipe dirigée par le Dr Veerle Bergink, directrice du Women’s Mental Health Center de Mount Sinai aux États-Unis, estime que les données biologiques et génétiques disponibles justifient pleinement une reconnaissance spécifique de la psychose post-partum. Les transformations endocriniennes, immunologiques et neurologiques profondes que subit le corps de la femme après l’accouchement créent une vulnérabilité particulière. Des études génétiques révèlent également une architecture de risque unique, partiellement partagée mais distincte de celle du trouble bipolaire.

Les experts ont publié mercredi une recommandation dans un document de consensus détaillé, paru dans la revue Psychiatrie Biologique. Ils préconisent de classer la psychose post-partum comme une maladie mentale distincte, tout en la maintenant dans le chapitre des troubles bipolaires, pour plusieurs raisons. La plupart des cas se présentent avec des symptômes affectifs (manie ou dépression psychotique), les patientes répondent bien aux traitements classiques du trouble bipolaire (lithium et électrochocs), et celles qui ont vécu un épisode de psychose post-partum ont un risque de 50 % de développer ultérieurement un trouble bipolaire, plutôt qu’une schizophrénie. De plus, les femmes atteintes de trouble bipolaire présentent un risque accru de psychose post-partum après l’accouchement.

La commission d’experts recommande l’adoption de critères diagnostiques précis, reconnaissant l’apparition de symptômes psychotiques (hallucinations, délire, comportement désorganisé ou catatonique, dépression psychotique ou état maniaque) dans les 12 premières semaines suivant l’accouchement, avec un impact significatif sur la capacité fonctionnelle et les soins apportés à l’enfant.

Selon le Dr Bergink, premier auteur de l’étude, une classification correcte est essentielle pour améliorer le pronostic des patientes et sauver des vies :

« Ce n’est qu’en reconnaissant correctement cette pathologie que nous pourrons améliorer le pronostic de ces patientes. Il est temps d’opérer ce changement, pour sauver des vies. »

Dr Veerle Bergink, directrice du Women’s Mental Health Center de Mount Sinai

Ce document a été élaboré en collaboration avec des organisations de soutien aux patients et des sociétés médicales internationales, dans le but d’améliorer la précision du diagnostic et l’accès à des traitements fondés sur des preuves scientifiques.

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