Publié le 22 décembre 2025. Une étude de grande envergure révèle que certains facteurs liés à l’environnement professionnel, tels que le contact étroit avec le public et le manque de distanciation sociale, augmentent significativement le risque de développer un syndrome post-COVID persistant, ou « COVID long ». Ces résultats soulignent l’importance de mesures de prévention ciblées en entreprise.
- Les professions exposant à un risque élevé de contamination (santé, éducation, vente au détail, transport) sont associées à un risque accru de COVID long.
- Le contact étroit avec les collègues et le public, l’absence de distanciation sociale, le port rare du masque et l’utilisation des transports en commun sont des facteurs de risque majeurs.
- La vaccination et l’âge avancé semblent offrir une certaine protection contre le développement d’un COVID long.
Des chercheurs de l’Institut de Santé Globale de Barcelone ont analysé les données de l’étude COVICAT, une vaste cohorte de patients, afin d’identifier les déterminants professionnels du COVID long. L’étude, publiée dans la revue Médecine du travail et de l’environnement BMJ, a porté sur 2 054 travailleurs (1 308 femmes et 746 hommes) ayant été infectés par le SARS-CoV-2 pendant la pandémie. Les résultats indiquent que près d’un quart des participants (23,7 %, soit 486 personnes) ont développé un COVID long.
L’analyse a révélé que les employés occupant des postes présentant un risque élevé d’exposition au virus, notamment dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation, du commerce de détail, des transports et de la sécurité, étaient particulièrement susceptibles de développer des symptômes persistants après l’infection initiale. Plus précisément, les travailleurs ayant des contacts fréquents avec des collègues et le public voyaient leur risque augmenter jusqu’à 50 % (rapport de risque [RR] jusqu’à 1,50 ; intervalle de confiance à 95 %, 1,18-1,91). L’absence de distanciation sociale sur le lieu de travail était également un facteur de risque significatif (RR jusqu’à 1,46 ; IC à 95 %, 1,16-1,84), tout comme le port occasionnel ou inexistant du masque (RR jusqu’à 1,41 ; IC à 95 %, 1,09-1,83) et l’utilisation des transports en commun (RR, 1,58 ; IC à 95 %, 1.20-2.08).
L’étude a également mis en évidence un risque accru de COVID long chez les travailleurs qui étaient présents physiquement sur leur lieu de travail pendant la pandémie, par rapport à ceux qui télétravaillaient (RR, 1,57 ; IC à 95 %, 1,19-2,09). D’autres facteurs individuels, tels que le sexe féminin, les comorbidités, l’obésité, ainsi que le nombre et la gravité des infections aiguës, ont également été identifiés comme des facteurs de risque. À l’inverse, la vaccination et l’âge avancé semblaient avoir un effet protecteur.
« Les facteurs professionnels ont été associés à l’incidence et à la gravité de l’infection par le SARS-CoV-2. Mais les déterminants professionnels du COVID long sont largement inconnus »,
Kurt Straif, coordinateur de l’étude et chercheur à l’Institut de santé mondiale de Barcelone
Selon Sara de Matteis, première auteure de l’étude et chercheuse à l’Université de Turin, ces résultats confirment des données internationales émergentes et suggèrent des mécanismes par lesquels les expositions professionnelles peuvent influencer le développement du COVID long.
« Ces données pourraient modifier les directives de santé publique données par les professionnels de la santé à travers le pays, qui peuvent désormais conseiller les patients sur le risque inhérent que certaines professions peuvent entraîner en matière de développement à long terme du COVID. »
Sara de Matteis, chercheuse à l’Université de Turin
Les chercheurs soulignent la nécessité de mettre en œuvre des mesures de prévention supplémentaires sur les lieux de travail, telles que la fourniture d’équipements de protection individuelle adéquats et la mise en place de stratégies visant à réduire les contacts étroits. Magnolis Kogevinas, chercheuse à l’Institut de santé mondiale de Barcelone, insiste sur le fait que la modifiabilité de ces facteurs de risque offre une opportunité unique de réduire significativement la prévalence du COVID long.
« Étant donné que les facteurs de risque professionnels sont modifiables, nos résultats signifient qu’une grande partie du fardeau associé à la longue COVID pourrait être évitée grâce à des mesures ciblées. »
Magnolis Kogevinas, chercheuse à l’Institut de santé mondiale de Barcelone
Les professionnels de santé peuvent informer leurs patients sur les mesures à prendre pour réduire leur risque de COVID long, notamment en limitant les contacts étroits, en portant un masque et en se lavant fréquemment les mains. Les patients peuvent également prendre des initiatives personnelles pour se protéger, comme apporter leur propre équipement de protection individuelle si possible.
RÉFÉRENCES
1. Matteis SD, Consonni D, Thorny A et al. Cohorte COVICAT. Médecine du travail et de l’environnement. Publié en ligne le 5 décembre 2025. doi:10.1136/oemed-2025-110398
2. Les facteurs professionnels influencent fortement le risque de COVID longue. Communiqué de presse. ISGlobal. Publié le 16 décembre 2025. Consulté le 18 décembre 2025. https://www.isglobal.org/en/-/long-covid-ocupacional
3. Etude épidémiologique COVICAT. IGTP. Consulté le 18 décembre 2025. https://www.germanstrias.org/en/projects-covid-19/covicat/
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