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Les fans autorisés doivent arrêter de se plaindre de la défaite de l’Irlande face à la Nouvelle-Zélande – The Irish Times

by Camille Renault

Publié le 7 novembre 2025 à 12h01. La défaite de l’Irlande face à la Nouvelle-Zélande à Chicago a ravivé les doutes sur la capacité de l’équipe à maintenir son niveau après une tournée des Lions épuisante, tandis que les performances des autres nations majeures du rugby offrent un contexte plus nuancé.

  • La Nouvelle-Zélande a puni une équipe irlandaise visiblement fatiguée en fin de match, inscrivant trois essais pour sceller la victoire.
  • Le calendrier chargé et le manque de temps de jeu ensemble depuis mars ont fragilisé la préparation irlandaise, contrairement aux All Blacks qui ont disputé huit tests depuis juin.
  • Les critiques acerbes et les accusations de favoritisme envers les joueurs du Leinster sont jugées infondées, la performance étant principalement due à un manque de préparation physique.

La déception était palpable après la défaite de l’Irlande face aux All Blacks à Chicago. Au-delà des regrets, cette rencontre a mis en lumière une réalité souvent négligée : le rugby de haut niveau exige une préparation physique et une cohésion d’équipe optimales. Les lamentations et les critiques acerbes qui ont suivi la rencontre semblent, aux yeux de certains observateurs, déplacées et témoignent d’une arrogance grandissante au sein du rugby irlandais.

Ces dernières saisons, la lutte au sommet du rugby mondial s’est intensifiée. Les équipes en tête du classement mondial se livrent à des batailles acharnées, avec des résultats souvent serrés. Au cours des douze derniers mois, l’Australie et l’Afrique du Sud ont fait match nul (1-1), tout comme l’Argentine et la Nouvelle-Zélande, ainsi que les Boks et les Kiwis. L’Australie et l’Angleterre ont également enregistré un score de 1-1. Cette compétitivité accrue souligne la difficulté de maintenir une domination constante.

S’incliner face à la Nouvelle-Zélande n’est jamais facile, mais ce n’est pas une surprise inattendue. Avant le match de samedi à Chicago, tout observateur expérimenté aurait pu, en toute objectivité, conclure que la tâche s’annonçait ardue pour l’Irlande. La principale difficulté pour les Irlandais en novembre réside dans le manque de temps passé ensemble sur le terrain depuis le mois de mars.

À l’inverse, les Néo-Zélandais, actuellement deuxièmes au classement mondial, ont bénéficié d’une préparation plus conséquente, avec huit matchs tests disputés depuis juin face à des adversaires de calibre, tels que la France, l’ Australie, l’ Argentine et l’ Afrique du Sud. Les Kiwis ont enregistré au moins une victoire contre chacune de ces équipes, ce qui témoigne de leur solidité actuelle. L’Irlande affrontera prochainement les Wallabies et les Springboks, qui ont également suivi une préparation similaire.

Cam Roigard célèbre samedi le quatrième essai de la Nouvelle-Zélande contre l'Irlande. Photographie : Robert Alam/INPHO
Cam Roigard célèbre samedi le quatrième essai de la Nouvelle-Zélande contre l’Irlande. Photographie : Robert Alam/INPHO

Lors de la victoire historique de l’Irlande en Nouvelle-Zélande en 2022, la situation était inversée. L’Irlande sortait alors du Tournoi des Six Nations, tandis que les All Blacks n’avaient pas joué un seul match depuis sept mois. Cette victoire avait créé des attentes démesurées, certains s’attendant désormais à ce que l’Irlande domine systématiquement la Nouvelle-Zélande.

Il est indéniable que la performance de l’Irlande le week-end dernier a été en deçà des attentes. Cela était prévisible, la plupart des joueurs irlandais étant encore en phase de récupération après une saison 2024-2025 de onze mois, couronnée par une tournée des Lions réussie. Tout cela rend le mois de novembre particulièrement difficile pour l’Irlande.

L’entraîneur français Fabien Galthié avait anticipé un problème similaire l’été dernier. Il savait qu’il était crucial de ne pas minimiser la préparation de pré-saison et de ne pas demander à ses joueurs de jouer à leur maximum potentiel sans une base solide. C’est pourquoi, lors de la tournée en Nouvelle-Zélande en juillet dernier, il avait laissé ses trente meilleurs joueurs à la maison, leur permettant de suivre un programme de pré-saison rigoureux. Les Kiwis avaient légitimement exprimé leur mécontentement, estimant que les joueurs français privilégiaient leur préparation individuelle au spectacle.

Galthié souhaitait à tout prix éviter la situation actuelle de l’Irlande : une pré-saison chaotique engendre inévitablement un début de saison difficile.

Caelan Doris et Jack Crowley applaudissent les supporters irlandais après la défaite. Photographie : Dan Sheridan/INPHO
Caelan Doris et Jack Crowley applaudissent les supporters irlandais après la défaite. Photographie : Dan Sheridan/INPHO

Les théories du complot les plus folles accusent les sélections irlandaises d’être orchestrées par un groupe secret de Dublin 4, visant à favoriser les joueurs du Leinster. Ces accusations sont, bien entendu, absurdes.

Voici trois raisons simples pour expliquer le manque de représentation des joueurs d’Ulster, du Munster et du Connacht dans l’équipe nationale : ils ne jouent pas assez bien. Ils ne jouent pas assez bien. Ils ne jouent pas assez bien.

« Pour tous les râleurs, allez prendre une grosse cuillère à café de ciment et durcissez-vous. »

La victoire du Munster contre le Leinster à Croke Park est une bonne nouvelle pour le rugby irlandais. Le Munster est une équipe en pleine ascension. Cependant, pour qu’un joueur s’impose, il doit surpasser constamment celui qui porte déjà le maillot, et ce, sur plusieurs matchs, pas seulement une semaine.

Il reste une mauvaise nouvelle pour les supporters irlandais : le mois de novembre ne sera pas de tout repos. Une sélection irlandaise à son meilleur niveau devrait pouvoir rivaliser avec le Japon, mais les rencontres face aux Wallabies et aux Springboks s’annoncent particulièrement difficiles, ces derniers affichant un niveau de jeu spectaculaire.

Pour conclure sur une note d’optimisme, les scientifiques irlandais du sport travaillent déjà à remettre les joueurs irlandais à leur meilleur niveau pour le début de l’année 2026. À ce moment-là, les joueurs irlandais retrouveront leur pleine forme physique et mentale, et pourront à nouveau rivaliser avec les meilleures nations du monde.

Quant aux critiques, il est temps de prendre du recul. Comme on dit, l’Irlande prend ses médicaments. Le prix à payer pour la domination irlandaise au sein de l’équipe des Lions est un mois de novembre difficile. La Nouvelle-Zélande était mieux préparée pour ce match, et il est probable que ce sera également le cas pour les Wallabies et les Springboks. Acceptez ces faits, construisez un pont et passez à autre chose.

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