Publié le 9 octobre 2025 à 01h39. Une vaste étude génétique révèle que les femmes présentent un risque biologique accru de dépression par rapport aux hommes, ouvrant la voie à des traitements plus personnalisés.
- Les femmes présentent près de deux fois plus de marqueurs génétiques liés à la dépression que les hommes.
- L’étude a identifié environ 13 000 marqueurs génétiques associés à la dépression chez les femmes, contre 7 000 chez les hommes.
- Ces découvertes pourraient expliquer pourquoi les femmes souffrant de dépression présentent plus fréquemment des symptômes métaboliques.
La dépression, un trouble mental touchant plus de 300 millions de personnes dans le monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé, affecte les femmes plus souvent que les hommes. Si cette disparité est connue depuis longtemps, les raisons biologiques qui l’expliquent demeuraient floues. Une nouvelle étude, publiée le mercredi 9 octobre 2025 dans la revue Communications Nature, apporte un éclairage significatif sur cette question.
Des chercheurs de l’institut australien de recherche médicale Berghofer ont analysé l’ADN de près de 200 000 personnes souffrant de dépression afin d’identifier des prédispositions génétiques communes. Leurs travaux ont révélé que la composante génétique de la dépression est plus importante chez les femmes que chez les hommes. Plus précisément, les femmes présentaient près de deux fois plus de marqueurs génétiques associés à ce trouble que les hommes : environ 13 000 marqueurs contre 7 000.
Selon la chercheuse Jodi Thomas,
« La composante génétique de la dépression est plus importante chez les femmes que chez les hommes. »
Jodi Thomas, chercheuse
Ces différences génétiques pourraient influencer des voies biologiques liées au métabolisme ou à la production d’hormones. L’étude suggère que ces changements pourraient expliquer pourquoi les femmes atteintes de dépression présentent plus souvent des symptômes métaboliques, tels que des variations de poids ou des troubles du niveau d’énergie.
Brittany Mitchell, une autre chercheuse impliquée dans l’étude, souligne que ces résultats pourraient avoir des implications importantes pour le traitement de la dépression chez les femmes.
« Jusqu’à présent, il n’y a pas eu beaucoup de recherches cohérentes pour expliquer pourquoi la dépression affecte différemment les femmes et les hommes, y compris le rôle possible de la génétique. »
Brittany Mitchell, chercheuse
Elle ajoute que de nombreux médicaments en développement et les recherches actuelles se concentrent principalement sur les hommes ou les participants masculins.
Cette étude, considérée comme l’une des plus importantes jamais réalisées dans ce domaine, ouvre la voie à des traitements plus personnalisés, tenant compte des spécificités biologiques des femmes et des hommes face à la dépression. Elle souligne la nécessité de mener davantage de recherches pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette maladie et adapter les approches thérapeutiques en conséquence.


