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Les jeunes qui meurent d’un arrêt cardiaque ont ceci en commun

Publié le 2024-02-29. Une étude suédoise révèle que des symptômes tels que les évanouissements et les convulsions, souvent mal interprétés chez les jeunes, pourraient masquer des troubles cardiaques potentiellement mortels. Une recherche menée sur près de 150 décès…

Les jeunes qui meurent d’un arrêt cardiaque ont ceci en commun

Publié le 2024-02-29. Une étude suédoise révèle que des symptômes tels que les évanouissements et les convulsions, souvent mal interprétés chez les jeunes, pourraient masquer des troubles cardiaques potentiellement mortels.

  • Une recherche menée sur près de 150 décès subits chez des personnes de moins de 35 ans montre qu’un tiers avait consulté un médecin dans les six mois précédant leur disparition.
  • Les évanouissements et les convulsions étaient les motifs de consultation les plus fréquents, souvent pris pour des crises d’épilepsie plutôt que pour des signes de problèmes cardiaques.
  • Les chercheurs soulignent la nécessité d’un diagnostic cardiaque plus systématique face à ces symptômes chez les jeunes, afin de prévenir des décès inattendus.

Des troubles du rythme cardiaque, ou arythmies, peuvent entraîner un arrêt cardiaque soudain, même chez des personnes en apparence parfaitement saines. C’est ce qu’illustre une étude récente menée par des chercheurs de l’hôpital universitaire Sahlgrenska et de l’université de Göteborg en Suède. L’étude, publiée dans le Journal américain de cardiologie, a examiné les cas de mort subite arythmique survenus entre 2000 et 2010 chez les personnes âgées de 35 ans ou moins.

L’équipe de Matilda Frisk Torell, cardiologue et chercheuse, a analysé les dossiers médicaux de 149 victimes, en recoupant les informations provenant des registres de santé suédois, des électrocardiogrammes (ECG) et des certificats de décès. L’objectif était de déterminer si des facteurs communs pouvaient être identifiés chez ces jeunes décédés de manière inattendue.

Les résultats ont révélé que la majorité des victimes étaient des hommes dans la vingtaine. Seulement 11 % d’entre eux avaient un antécédent connu de trouble du rythme cardiaque. Cependant, la moitié avaient présenté des symptômes avant leur décès, notamment des évanouissements ou des palpitations. De manière préoccupante, un tiers avait consulté un médecin dans les six mois précédant leur disparition.

Ces consultations concernaient plus particulièrement des évanouissements (vingt fois plus fréquents que dans le groupe témoin) et des convulsions (dix fois plus fréquents). Selon Matilda Frisk Torell, ces symptômes sont souvent interprétés à tort comme des crises d’épilepsie, en particulier chez les jeunes patients en bonne santé apparente.

« Il est difficile de distinguer les convulsions d’origine cardiaque des crises d’épilepsie, surtout lorsqu’on a en face de soi une personne jeune et apparemment en parfaite santé. Il existe alors un risque de ne pas considérer les troubles du rythme cardiaque comme une cause possible. »

Matilda Frisk Torell, cardiologue et chercheuse à l’hôpital universitaire Sahlgrenska et à l’université de Göteborg

L’étude a également mis en évidence une plus grande prévalence de diagnostics psychiatriques et de médicaments associés chez les personnes décédées. De plus, près d’une personne décédée sur cinq avait un ECG anormal, même si les données n’étaient disponibles que pour un peu moins de la moitié des cas.

Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une plus grande vigilance face aux évanouissements, aux convulsions et aux anomalies ECG chez les jeunes. Ils recommandent un examen cardiaque systématique dans ces situations, afin de ne pas négliger une cause potentiellement mortelle.

« Il est possible de détecter ces personnes avant qu’il ne soit trop tard. Si un jeune est examiné pour des évanouissements ou des convulsions, l’examen doit porter sur le cœur. Le seuil pour réaliser un ECG doit être bas et il est important qu’il soit évalué correctement. »

Matilda Frisk Torell, cardiologue et chercheuse à l’hôpital universitaire Sahlgrenska et à l’université de Göteborg

Encadré.Troubles du rythme cardiaque

● Un trouble du rythme cardiaque, ou arythmie, se produit lorsque le rythme cardiaque est anormal. Cela peut se traduire par un rythme trop rapide (tachycardie), trop lent (bradycardie) ou irrégulier, comme dans le cas de la fibrillation auriculaire.

● Les symptômes peuvent inclure des palpitations, des étourdissements, des évanouissements, de la fatigue, des douleurs thoraciques, des convulsions et une diminution de la capacité physique.

● Les arythmies sont souvent liées à d’autres maladies, telles qu’une crise cardiaque, une insuffisance cardiaque, une maladie valvulaire ou une hypertension artérielle. Le vieillissement et les prédispositions génétiques peuvent également en être la cause. Des arythmies peuvent également survenir chez des personnes dont le cœur semble structurellement normal.

● Une mort subite arythmique est définie par l’absence de défaut structurel cardiaque (épaississement du muscle cardiaque, maladie du myocarde ou crise cardiaque) lors de l’autopsie, alors que le cœur semble morphologiquement normal.

Source : Matilda Frisk Torell et l’Association suédoise des risques cardiaques et pulmonaires

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.