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Les manifestations en Iran révèlent une plus grande fragilité alors que les dirigeants luttent pour contenir la crise – The Cipher Brief

Téhéran est confrontée à une crise économique et sociale grandissante, marquée par une chute spectaculaire du rial iranien et des manifestations sporadiques dans plusieurs villes. Le président Masoud Pezeshkian a publiquement admis les dysfonctionnements internes comme cause principale…

Les manifestations en Iran révèlent une plus grande fragilité alors que les dirigeants luttent pour contenir la crise – The Cipher Brief

Téhéran est confrontée à une crise économique et sociale grandissante, marquée par une chute spectaculaire du rial iranien et des manifestations sporadiques dans plusieurs villes. Le président Masoud Pezeshkian a publiquement admis les dysfonctionnements internes comme cause principale de cette instabilité, une prise de position qui tranche avec le discours habituel accusant des forces étrangères.

La dévaluation de la monnaie nationale, qui a atteint un nouveau plancher avec 1,42 million de rials pour un dollar (contre 72 en 1979 et 29 500 le jour de la signature de l’accord nucléaire en 2015), a précipité la démission du gouverneur de la Banque centrale, Mohammad Reza Farzin. L’inflation, qui dépasse les 40 %, érode le pouvoir d’achat des Iraniens, notamment pour l’alimentation et les biens de première nécessité, avec une hausse des prix de 72 % sur un an.

Selon Norm Roule, expert du Moyen-Orient et ancien responsable de la sécurité nationale pour l’Iran, ces troubles économiques, bien que pour l’instant limités, sont un indicateur de la fragilité de la République islamique. « Depuis 2017, l’oppression intérieure, l’inflation persistante, la baisse du niveau de vie, l’isolement international et le manque de crédibilité de la politique intérieure ont créé des périodes de troubles aigus et généralisés », explique-t-il.

Le président Pezeshkian a nommé Abdolnaser Hemmati, 64 ans, pour succéder à Farzin. Cet ancien ministre de l’Économie, bien que destitué par le Parlement en mars dernier en raison de difficultés économiques similaires, est considéré comme un profil expérimenté, ayant dirigé la Banque centrale iranienne de 2018 à 2021 pendant les sanctions de l’administration Trump.

Les défis auxquels est confronté le gouvernement iranien sont multiples. Outre les problèmes économiques, le pays est également touché par une sécheresse historique et une pollution atmosphérique préoccupante, qui ont envoyé plus de 170 000 personnes aux urgences pour des problèmes cardiaques et respiratoires cet hiver.

À court terme, le gouvernement devra agir sur trois fronts : stabiliser la monnaie, réformer le budget et mener une politique étrangère pragmatique. La réforme budgétaire sera délicate, car les dépenses militaires et sécuritaires restent prioritaires. Des négociations avec les États-Unis pourraient renforcer le rial, mais les acteurs radicaux au sein du régime iranien restent attachés à des objectifs régionaux agressifs, ce qui constitue un obstacle majeur à la paix et à la stabilité.

« Une telle rhétorique jouera auprès des publics nationaux extrémistes tout en renforçant la réputation agressive de l’Iran à l’étranger », a souligné le président Pezeshkian, qui a récemment déclaré que son pays était « dans une guerre à part entière avec l’Amérique, Israël et l’Europe ». Les dirigeants iraniens sont confrontés à des caractéristiques pré-révolutionnaires : échec institutionnel, fragmentation des élites, aliénation générationnelle, crise budgétaire et souffrance économique généralisée.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.