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Les microplastiques frappent durement les artères masculines | Actualités DUC

by Sophie Martin

Publié le 18 novembre 2025 à 18h21. Une étude menée sur des souris suggère que l’exposition quotidienne aux microplastiques pourrait accélérer le développement de l’athérosclérose, une maladie cardiovasculaire grave, mais cet effet semble limité aux individus de sexe masculin.

  • L’exposition quotidienne à des microplastiques (10 milligrammes par kilogramme de poids corporel) a considérablement aggravé l’athérosclérose chez les souris mâles.
  • Cet effet néfaste n’a pas été observé chez les souris femelles, suggérant une différence de sensibilité liée au sexe.
  • Les microplastiques semblent agir directement sur les cellules endothéliales, qui tapissent les vaisseaux sanguins, en perturbant leur activité et en favorisant l’inflammation.

Des chercheurs de l’Université de Californie à Riverside (UCR) ont mis en évidence un lien potentiel entre l’omniprésence des microplastiques dans l’environnement et le risque de maladies cardiovasculaires. Ces minuscules fragments, issus de la dégradation des emballages, des vêtements et de nombreux produits plastiques, sont désormais présents partout : dans l’eau, l’air, les aliments et même à l’intérieur du corps humain. Des études récentes ont déjà détecté leur présence dans les plaques athéroscléreuses chez l’homme, mais le mécanisme par lequel ils pourraient contribuer aux lésions artérielles restait inconnu.

L’étude, publiée dans la revue Environment International, a été menée sur des souris génétiquement prédisposées à développer de l’athérosclérose (souris déficientes en LDLR). Les chercheurs ont administré quotidiennement une dose de microplastiques, considérée comme réaliste par rapport à l’exposition humaine via l’alimentation et l’eau, pendant une période de neuf semaines. Les résultats ont révélé une augmentation significative de l’accumulation de plaques dans les artères des souris mâles, avec une hausse de 63 % dans la racine aortique et de 624 % dans l’artère brachiocéphalique. Aucun effet comparable n’a été constaté chez les femelles.

Selon le professeur Changcheng Zhou, chercheur principal de l’étude et professeur de sciences biomédicales à l’École de médecine de l’UCR, cette différence de sensibilité entre les sexes s’inscrit dans un schéma plus large observé dans la recherche cardiovasculaire.

« Nos résultats s’inscrivent dans un schéma plus large observé dans la recherche cardiovasculaire, où les hommes et les femmes réagissent souvent différemment. »

Changcheng Zhou, professeur de sciences biomédicales à l’UCR

Il souligne que des facteurs tels que les chromosomes sexuels et les hormones, notamment les effets protecteurs des œstrogènes, pourraient jouer un rôle dans cette vulnérabilité masculine.

L’étude a également montré que les microplastiques n’entraînaient pas de prise de poids ni d’augmentation du taux de cholestérol chez les souris, ce qui suggère que l’aggravation de l’athérosclérose n’est pas due à des facteurs de risque traditionnels. Les chercheurs ont également observé que les microplastiques perturbaient l’activité de plusieurs types de cellules impliquées dans le développement de la maladie, en particulier les cellules endothéliales.

« Nous avons découvert que les cellules endothéliales étaient les plus affectées par l’exposition aux microplastiques. Puisque les cellules endothéliales sont les premières à rencontrer des microplastiques en circulation, leur dysfonctionnement peut déclencher une inflammation et la formation de plaques. »

Changcheng Zhou, professeur de sciences biomédicales à l’UCR

Les chercheurs ont pu observer que les microplastiques fluorescents pénétraient dans les plaques et se localisaient dans la couche endothéliale, ce qui corrobore les observations récentes faites chez l’homme. Ils ont également constaté que l’exposition aux microplastiques activait des gènes favorisant le développement de l’athérosclérose, tant chez les souris que chez les cellules humaines.

Le professeur Zhou insiste sur la difficulté d’éviter complètement les microplastiques, mais recommande de limiter l’exposition en réduisant l’utilisation du plastique dans les contenants alimentaires et d’eau, en privilégiant les produits réutilisables et en évitant les aliments ultra-transformés. Il souligne également l’importance de maintenir une bonne santé cardiovasculaire grâce à une alimentation équilibrée, à l’exercice physique et à la gestion des facteurs de risque. En savoir plus sur le professeur Zhou.

Cette étude a été réalisée en collaboration avec des chercheurs du Boston Children’s Hospital, de la Harvard Medical School et de l’Université du Nouveau-Mexique. Elle a été partiellement financée par des subventions des National Institutes of Health. Consulter l’article original.

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