Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Les Missouriens qui contractent l’alpha-gal à cause des tiques sont confrontés à des choix alimentaires compliqués | KCUR

Publié le 13 novembre 2025 10h05. Dans le sud du Missouri, une maladie transmise par les tiques, le syndrome alpha-gal, perturbe la vie de plus en plus de personnes, les obligeant à décrypter les étiquettes alimentaires et à…

Les Missouriens qui contractent l’alpha-gal à cause des tiques sont confrontés à des choix alimentaires compliqués | KCUR

Publié le 13 novembre 2025 10h05. Dans le sud du Missouri, une maladie transmise par les tiques, le syndrome alpha-gal, perturbe la vie de plus en plus de personnes, les obligeant à décrypter les étiquettes alimentaires et à repenser leur régime alimentaire.

  • Le syndrome alpha-gal provoque des réactions allergiques à une molécule de sucre présente dans la viande rouge et d’autres produits dérivés de mammifères.
  • Les patients doivent faire preuve d’une vigilance extrême pour éviter les ingrédients cachés contenant de l’alpha-gal, présents dans des produits inattendus comme la gélatine et certains additifs alimentaires.
  • Des initiatives locales, comme l’étiquetage des produits sûrs dans les épiceries Hy-Vee, tentent de répondre aux besoins croissants des personnes touchées.

Jessica Overcast, habitante d’Ava, dans le comté de Douglas, au Missouri, se souvient encore de son désespoir lorsqu’elle a appris que sa fille, Lyla, souffrait du syndrome alpha-gal. « Je me suis assise là, avec l’application qu’ils m’avaient conseillée pour savoir ce qu’elle pouvait manger, et j’ai pleuré dans l’allée du supermarché », raconte-t-elle. « Je ne savais plus quoi nourrir mon enfant. »

Le syndrome alpha-gal, déclenché par la morsure d’une tique solitaire, est en augmentation, notamment dans le sud du Missouri et les Ozarks, une région où ces tiques sont particulièrement présentes. La maladie se manifeste par des réactions allergiques variables, allant de troubles gastro-intestinaux à de l’urticaire, voire une anaphylaxie potentiellement mortelle. La sévérité et les déclencheurs varient considérablement d’une personne à l’autre : certains réagissent uniquement à la viande rouge, d’autres aux produits laitiers, à la gélatine ou même à des substances présentes dans l’air, comme les fumées.

La complexité du syndrome réside dans la présence d’« alpha-gal » cachés dans de nombreux aliments transformés. La gélatine, dérivée de la peau et des os de mammifères, est une source courante, tout comme les « arômes naturels », dont la composition exacte n’est pas toujours clairement définie. Le carraghénane, un additif utilisé comme stabilisateur, peut également contenir de l’alpha-galactose et se retrouver dans des produits inattendus, comme la viande de dinde ou les alternatives au lait.

« Il y a environ 50 noms différents pour certains de ces ingrédients et éléments génériques sur les emballages, comme « arômes artificiels ». On ne peut plus faire confiance au poulet du commerce, car on lui injecte [du carraghénane]. »

Matthew Overcast, mari de Jessica et père de Lyla

Face à cette situation, des initiatives locales se mettent en place pour aider les patients. Les épiceries Hy-Vee de Springfield ont commencé à étiqueter les produits sûrs pour les personnes atteintes du syndrome alpha-gal, guidant ainsi les consommateurs dans leurs choix alimentaires. La région sud du Missouri est considérée comme un point chaud du syndrome alpha-gal en raison de la forte présence des tiques solitaires.

Maddy Clemons, diététicienne chez Hy-Vee, explique qu’elle accompagne souvent les patients dans le magasin, en leur montrant les produits qu’ils peuvent consommer en toute sécurité. « Nous essayons de combler le fossé en offrant des conseils personnalisés et en aidant les gens à décrypter les étiquettes », explique-t-elle. L’équipe a même développé un guide de quatre pages répertoriant les produits sûrs et les ingrédients à surveiller, ainsi que des recettes adaptées.

« Je veux juste que les gens sachent qu’il y a quelqu’un pour eux. Je sais que c’est très accablant, et parfois on a l’impression de ne pas savoir quoi faire ni où aller. »

Maddy Clemons, diététicienne chez Hy-Vee

Malheureusement, le nombre de cas ne cesse d’augmenter dans la famille Overcast. Deux autres enfants, Adalynn (9 ans) et Jackson (4 ans), ainsi que Jessica elle-même, ont récemment reçu un diagnostic de syndrome alpha-gal. « C’est incroyable le nombre de choses auxquelles on ne penserait pas dans notre vie quotidienne et avec lesquelles on est en contact », confie Jessica. « Nous avons été bénis, car nos symptômes ne sont pas les plus graves. »

Matthew Overcast, inspiré par le parcours de sa famille, s’est présenté aux élections législatives du Missouri et a été élu. Il espère faire adopter une loi rendant le syndrome alpha-gal une maladie à déclaration obligatoire, ce qui permettrait de mieux suivre son incidence. Il travaille également avec des organisations nationales pour faire inclure cette condition dans la Loi sur l’inclusion des allergènes Alpha-gal, qui obligerait à mentionner l’alpha-gal sur les étiquettes des aliments.

Le Dr Minh-Thu Le, allergologue-immunologue clinique chez CoxHealth à Springfield, souligne la complexité de cette maladie. Elle met en garde contre les idées reçues et les restrictions alimentaires excessives, souvent relayées sur les réseaux sociaux. Selon une étude de 2020, il n’est pas toujours nécessaire d’éviter les produits laitiers ou la gélatine, et les réactions au carraghénane sont rares.

Le Dr Le recommande aux patients de consulter un allergologue ou un immunologiste pour bénéficier d’un suivi personnalisé et, éventuellement, de réintroduire certains aliments dans leur régime alimentaire. Elle insiste sur l’importance de la prévention des piqûres de tiques et de la préparation d’un plan de traitement en cas de réaction allergique.


Copyright 2025 KBIA

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.