Publié le 10 octobre 2025 16:54:00. Des chercheurs espagnols ont mis au point une méthode innovante pour contourner la résistance des cellules cancéreuses à la chimiothérapie, en utilisant des nanotubes peptidiques pour délivrer directement les médicaments au cœur des tumeurs.
- Une équipe du CiQUS (Centre de recherche en chimie et sciences des matériaux de l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle) a développé une technique permettant d’acheminer la doxorubicine, un anticancéreux courant, directement dans le noyau des cellules tumorales.
- Cette approche utilise des peptides cycliques qui s’auto-assemblent en nanotubes, capables de pénétrer les cellules résistantes et de contourner les mécanismes de défense habituels.
- Les résultats, publiés dans la revue ACS Applied Materials & Interfaces, ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques plus efficaces contre les cancers difficiles à traiter.
La résistance aux médicaments représente un défi majeur dans le traitement du cancer. De nombreuses tumeurs développent des mécanismes pour expulser activement les agents chimiothérapeutiques, réduisant ainsi considérablement leur efficacité. Pour pallier ce problème, des chercheurs du CiQUS ont exploré une approche novatrice basée sur la nanotechnologie peptidique.
L’équipe dirigée par Juan R. Granja a mis au point un système qui couple la doxorubicine à des peptides cycliques – de petites structures circulaires composées d’acides aminés. Ces peptides ont la particularité de s’empiler et de former des nanotubes cylindriques creux à la surface des membranes cellulaires cancéreuses. Contrairement à la voie d’administration classique de la doxorubicine, ce système permet de diriger le médicament directement vers le noyau cellulaire, là où il peut exercer son action cytotoxique.
Les membranes des cellules cancéreuses présentent une concentration plus élevée de lipides chargés négativement que celles des cellules saines. Les peptides cycliques utilisés dans cette étude possèdent une forte affinité pour ces surfaces anioniques, ce qui facilite leur interaction avec les cellules tumorales. Une fois à l’intérieur, les conjugués peptide-médicament se dirigent vers le noyau, où la doxorubicine s’intercale avec l’ADN, perturbant ainsi la réplication cellulaire et induisant la mort des cellules cancéreuses.
Les études expérimentales ont confirmé que la structure chimique du peptide cyclique est cruciale pour la formation de nanotubes stables, améliorant ainsi leur capacité à pénétrer dans les cellules malignes. Cette recherche, menée au CiQUS, un centre reconnu par la Xunta de Galicia et soutenu par l’Union européenne dans le cadre du programme Galicia FEDER 2021-2027, ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de nouvelles thérapies anticancéreuses.
En combinant sélectivité, transport efficace et libération contrôlée du médicament, cette stratégie pourrait permettre de concevoir des chimiothérapies combinées plus performantes. Les chercheurs espèrent que cette approche inspirera le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les tumeurs les plus résistantes. Plus d’informations sur le site de l’Université CiQUS de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Référence de l’article scientifique : Vilela-Picos, M., et al. (2025). Self-Assembling Cyclic Peptide Nanotubes for Drug Delivery to Drug-Resistant Cancer Cells. ACS Applied Materials & Interfaces. doi.org/10.1021/acsami.5c05264
