Publié le 19 janvier 2026. Une étude du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick révèle que les décès prématurés liés à des maladies potentiellement traitables sont plus fréquents dans la province qu’ailleurs au Canada, soulignant des lacunes dans le système de soins et des habitudes de vie.
- Le Nouveau-Brunswick affiche un taux de mortalité attribuable à des causes traitables supérieur à la moyenne nationale.
- Des tests de dépistage essentiels, comme ceux pour le cancer colorectal et le cancer du sein, sont moins fréquemment pratiqués au Nouveau-Brunswick qu’ailleurs au Canada.
- Les modes de vie, notamment le tabagisme, la consommation d’alcool et le manque d’activité physique, contribuent de manière significative aux décès évitables.
Une analyse approfondie des décès survenus avant l’âge de 75 ans au Nouveau-Brunswick a mis en lumière des disparités préoccupantes en matière de santé. L’étude, publiée la semaine dernière par le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick, examine de près les causes de décès évitables et traitables, révélant que près de 2 000 personnes décèdent chaque année de causes qui auraient pu être évitées ou mieux gérées.
Entre 2019 et 2021, les taux de mortalité dus à des causes évitables étaient similaires au Nouveau-Brunswick et au Canada (environ 135 décès pour 100 000 personnes). Cependant, la situation change radicalement lorsqu’on examine les causes traitables. Le Nouveau-Brunswick enregistre 67 décès pour 100 000 habitants qui auraient pu être évités grâce à un traitement approprié, comparativement à 61 décès au niveau national.
Stéphane Robichaud, PDG du Conseil de la santé, illustre ce problème par l’exemple du dépistage du cancer colorectal. Il explique que le cancer du côlon ou du rectum commence souvent par des polypes, des excroissances qui peuvent devenir malignes avec le temps. Le dépistage régulier, notamment par l’analyse des selles, permet de détecter ces polypes et d’améliorer considérablement les chances de survie.
« Si vous regardez le test colorectal à travers le pays, vous savez, ces tests que les gens subissent à la maison et qu’ils peuvent ou non suivre, les différences sont révélatrices »,
Stéphane Robichaud, PDG du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick
Selon l’étude, seulement 35 % des Néo-Brunswickois ont déclaré avoir récemment effectué un test colorectal, comparativement à 68 % en Saskatchewan et à une moyenne nationale de 49 %. De même, le taux de participation aux mammographies de dépistage du cancer du sein est plus faible au Nouveau-Brunswick (68 %) qu’en Alberta (84 %) et à l’échelle nationale (79 %).
Les principales causes de décès évitables au Nouveau-Brunswick sont le cancer du poumon (294 décès par an en moyenne entre 2018 et 2022), les maladies cardiaques (276 décès) et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) (137 décès). Le diabète et les accidents vasculaires cérébraux complètent le top six.
M. Robichaud souligne l’importance des choix de vie pour améliorer la santé et l’espérance de vie. Il insiste sur la nécessité d’adopter un mode de vie plus actif, une alimentation équilibrée et de réduire la consommation de tabac et d’alcool. L’étude révèle que ces six principales causes de décès évitables représentent environ la moitié des décès prématurés au Nouveau-Brunswick.
En moyenne, un Néo-Brunswickois a une espérance de vie légèrement inférieure à celle d’un Canadien moyen : environ 80 ans et quatre mois contre 81 ans et six mois.
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