Publié le 9 décembre 2025 12:07:00. Des chercheurs ont identifié un signe avant-coureur subtil de la maladie de Parkinson : un ralentissement dans la vitesse à laquelle les individus effectuent des changements de direction en marchant. Cette découverte, basée sur une étude de dix ans, pourrait permettre de détecter la maladie jusqu’à neuf ans avant l’apparition des premiers symptômes cliniques.
- Une nouvelle étude révèle qu’un ralentissement des mouvements de rotation pourrait être un indicateur précoce de la maladie de Parkinson.
- La technologie portable, via des capteurs mesurant les mouvements, pourrait jouer un rôle clé dans le dépistage précoce.
- Les résultats de l’étude ont été validés par un modèle d’apprentissage automatique avec une précision de 80,5 %.
Une étude internationale, menée en collaboration par l’hôpital universitaire de Kiel (Allemagne) et l’université de Murdoch (Australie), a suivi 1 051 participants de plus de 50 ans pendant une décennie. L’objectif : identifier des biomarqueurs précoces de la maladie de Parkinson, une affection neurologique progressive qui affecte le mouvement.
Les participants ont porté un capteur fixé au bas du dos, enregistrant les mouvements de rotation lors de la marche dans un couloir de 20 mètres. Les chercheurs se sont concentrés sur des paramètres tels que l’angle de rotation, la durée et la vitesse. L’analyse des données a révélé une corrélation significative : les personnes qui tournaient plus lentement – affichant une vitesse de rotation maximale inférieure lors des changements de direction – présentaient un risque accru de développer la maladie de Parkinson.
Selon les résultats, ce ralentissement des mouvements de rotation est perceptible en moyenne 8,8 ans avant le diagnostic clinique de la maladie. Pour confirmer ces observations, les chercheurs ont utilisé un modèle d’apprentissage automatique, intégrant l’âge, le sexe et la vitesse angulaire maximale, afin de prédire l’apparition de la maladie. Le modèle s’est avéré capable d’identifier correctement les personnes touchées dans la majorité des cas, avec un taux de précision de 80,5 %.
Cette découverte ouvre des perspectives prometteuses pour une intervention précoce. Le professeur Brook Galna, de la School of Allied Health de l’Université Murdoch, souligne l’importance de cette avancée :
« Cette recherche ouvre une fenêtre essentielle pour une intervention précoce. En détectant les changements dans la vitesse de rotation à l’aide de capteurs, en combinaison avec d’autres signes précoces de la maladie de Parkinson, nous pouvons identifier les personnes à risque bien avant que les symptômes ne deviennent cliniquement évidents. »
Professeur Brook Galna, School of Allied Health de l’Université Murdoch
Une détection plus précoce pourrait accélérer la recherche et le développement de traitements neuroprotecteurs, visant à ralentir la progression de la maladie et à préserver l’autonomie des patients le plus longtemps possible. L’étude a été publiée dans la revue Annales de neurologie.
