Home SantéLes organoïdes rétiniens constituent un outil puissant pour diagnostiquer et étudier l’amaurose congénitale de Leber

Les organoïdes rétiniens constituent un outil puissant pour diagnostiquer et étudier l’amaurose congénitale de Leber

by Sophie Martin

Publié le 4 décembre 2025 02:45:00. Des chercheurs australiens ont développé une nouvelle méthode d’analyse génétique basée sur des organoïdes rétiniens – des modèles miniatures de la rétine humaine – pour mieux comprendre et diagnostiquer l’amaurose congénitale de Leber (ACL), une maladie rare et grave de la vue.

  • Une plateforme de test en laboratoire permet désormais de classer les « variantes d’importance incertaine » (VUS) des gènes responsables de l’ACL.
  • Cette approche a confirmé le caractère pathogène d’une VUS spécifique dans le gène RPGRIP1, ouvrant la voie à des diagnostics plus précis.
  • La méthode pourrait à terme contribuer au développement de thérapies ciblées et améliorer le conseil génétique pour les familles à risque.

L’amaurose congénitale de Leber (ACL) est une maladie héréditaire de la rétine qui provoque une perte de vision sévère dès la petite enfance. Elle touche entre 2 et 3 nouveau-nés sur 100 000. Cette affection est causée par des anomalies dans les gènes qui fabriquent les protéines essentielles au bon fonctionnement et à la survie des cellules rétiniennes. Plus de 20 gènes différents peuvent être impliqués, et chacun d’eux peut présenter des centaines de variations génétiques différentes.

Identifier avec certitude l’impact de ces variations est un défi majeur. Certaines sont inoffensives, d’autres entraînent un dysfonctionnement ou une perte totale de fonction. Un nombre significatif de ces variations sont classées comme « variantes d’importance incertaine » (VUS), ce qui signifie que leur effet sur la santé est actuellement inconnu.

L’équipe de recherche dirigée par Robyn Jamieson, au Children’s Medical Research Institute de l’Université de Sydney, en Australie, a mis au point une plateforme innovante pour analyser ces VUS. Elle utilise des organoïdes rétiniens, de petites structures tridimensionnelles cultivées en laboratoire à partir de cellules souches immatures. Ces organoïdes imitent de près la structure et la fonction de la rétine humaine.

Les chercheurs ont cultivé des organoïdes rétiniens à partir de cellules souches prélevées sur deux patients. Le premier présentait des variations génétiques connues et pathogènes dans le gène RPGRIP1, tandis que le second portait une VUS dans le même gène. L’étude, récemment publiée dans Stem Cell Reports, a révélé des anomalies distinctes dans les organoïdes des deux patients, notamment une sensibilité réduite à la lumière et des modifications de l’expression génique.

Pour confirmer le rôle de la VUS dans le gène RPGRIP1, l’équipe de Jamieson a introduit cette variation dans des organoïdes rétiniens sains. Les résultats ont été frappants : les organoïdes modifiés ont également développé des anomalies pathologiques, confirmant que la VUS était effectivement responsable de la maladie. De plus, en réintroduisant une version saine du gène RPGRIP1 dans les organoïdes affectés, les chercheurs ont pu inverser les changements induits par la maladie.

Cette nouvelle plateforme prometteuse pourrait être utilisée pour classer rapidement et efficacement les VUS dans RPGRIP1 et d’autres gènes impliqués dans l’ACL, améliorant ainsi le diagnostic génétique clinique. La Société internationale pour la recherche sur les cellules souches a mis en lumière cette avancée.

À long terme, ces connaissances pourraient ouvrir la voie au développement de thérapies ciblées pour les patients atteints d’ACL et éclairer les décisions en matière de conseil génétique pour les populations à risque.

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