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Les parents remettent en question les restrictions « manuelles » du pool avant les championnats du monde

by Camille Renault

Publié le 16 janvier 2024 18:07:00. Des parents du sud d’Auckland s’inquiètent de l’interdiction de certaines figures de plongeon dans les piscines municipales, craignant que cela ne nuise à la préparation de leurs enfants pour les Championnats du monde de manu, une discipline sportive en plein essor.

  • Les restrictions sur les sauts et les « bombardements d’eau » empêchent les jeunes de s’entraîner pour les Championnats du monde de manu.
  • Le manu, une plongée spectaculaire d’origine pacifique, est de plus en plus populaire auprès des jeunes Maoris et Pasifika.
  • Le Conseil d’Auckland justifie ces restrictions par des raisons de sécurité, en raison de la faible profondeur des piscines concernées.

L’interdiction de pratiquer le manu dans les piscines d’Ōtara, dans le sud d’Auckland, suscite l’inquiétude et la frustration des parents. Sur les réseaux sociaux, une publication sur une page communautaire locale a fait écho à leur mécontentement :

« Plus de manus aux piscines d’Ōtara. Les Championnats du monde de manu approchent. Où nos enfants sont-ils censés s’entraîner ? »

Plusieurs habitants ont exprimé leur surprise de voir des enfants réprimandés pour ces pratiques dans la piscine commémorative Norman Kirk, un lieu de baignade familial de longue date. « Ōtara est une destination de bombardements depuis mes années primaires et voir cela s’arrêter est triste », témoigne un riverain. « Comment pouvons-nous obtenir une réserve de bombardement pour Ōtara ? »

Le manu, une plongée à la bombe de style Pacifique où le sauteur se replie en l’air pour créer une grande éclaboussure, est devenu un sport de compétition populaire, avec des événements locaux alimentant les compétitions nationales et internationales. Cette discipline est particulièrement prisée par les jeunes Maoris et Pasifika, qui y voient une expression de leur culture et de leur identité.

Le Conseil d’Auckland se défend en expliquant que la plongée, les bombardements et le manu n’ont jamais été autorisés à la piscine Norman Kirk en raison de sa faible profondeur. Garth Dawson, responsable des piscines et des loisirs au sein du conseil, précise :

« Ces activités n’ont pas été autorisées, pour des raisons de sécurité des clients, depuis l’ouverture de la piscine. Nos bassins de bombardement désignés ont une profondeur de trois mètres, et nous n’autorisons pas la plongée, le bombardement ou le manu dans les bassins de moins de deux mètres. »

Lotu Fuli, conseillère du quartier de Manukau, insiste sur l’importance de la sécurité :

« Ce n’est pas assez profond. C’est une question de santé et de sécurité. Pourquoi laisseriez-vous vos enfants faire cela, en pensant qu’ils risquent de se briser le cou et de mourir, ou de devenir paralysés ? »

Elle souligne que la sensibilisation aux risques a évolué et que les comportements doivent s’adapter en conséquence.

Les parents s’inquiètent également de l’accès limité à d’autres piscines plus adaptées. « Je suis né et j’ai grandi dans le quartier et je ne devrais pas avoir à aller à Ōtāhuhu ou ailleurs pour apprendre à mes enfants à nager et à bombarder », déplore un parent. « N’oubliez pas que beaucoup de familles n’ont pas de moyen de transport et que nos enfants marchent ensemble, c’est pourquoi c’est la piscine communautaire. »

Le Conseil d’Auckland reconnaît les difficultés financières et les contraintes budgétaires. La construction d’un bassin dédié aux bombardements nécessiterait un investissement conséquent, alors que le conseil local d’Ōtara-Papatoetoe affiche déjà un déficit de 1,5 million de dollars.

Pour de nombreuses familles du Pacifique, les piscines comme celle d’Ōtara sont bien plus que des lieux de baignade : elles sont des espaces de socialisation, de partage culturel et de pratique sportive. Le manu, en particulier, est perçu comme une activité qui renforce les liens communautaires et transmet les traditions ancestrales.

À l’approche des qualifications pour les Championnats du monde, prévues le 28 février à Whangarei, les familles locales espèrent trouver des solutions pour permettre à leurs enfants de s’entraîner en toute sécurité et de préserver leur passion pour le manu. Des initiatives locales, comme la recherche de transport collectif pour se rendre à des piscines plus adaptées, sont déjà en cours.

– LDR est un journalisme de corps local cofinancé par RNZ et NZ On Air

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