Home SantéLes patientes atteintes d’endométriose ont plus souvent des migraines

Les patientes atteintes d’endométriose ont plus souvent des migraines

by Sophie Martin

Publié le 5 novembre 2025 09h14. Une nouvelle étude confirme un lien significatif entre l’endométriose, une maladie gynécologique souvent douloureuse, et la migraine, soulignant l’importance d’une prise en charge globale des femmes concernées.

  • Les femmes atteintes d’endométriose présentent un risque accru de migraines, en particulier de migraines sans aura.
  • La précision du diagnostic, tant de l’endométriose que de la migraine, influence la force de cette association.
  • Des facteurs hormonaux et génétiques pourraient expliquer ce lien complexe.

L’endométriose, une affection caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, est une maladie complexe qui va bien au-delà des seuls problèmes gynécologiques. Elle s’accompagne fréquemment d’autres troubles, notamment des syndromes douloureux chroniques comme la migraine. Une récente revue systématique et méta-analyse, dont les résultats ont été publiés, apporte de nouvelles données sur cette association.

La douleur est au cœur des deux affections. Elle impacte significativement la qualité de vie et les activités quotidiennes des femmes qui en souffrent. L’étude, menée par le Dr Giorgia Elisabeth Colombo, du département de gynécologie et d’obstétrique de l’Ospedale Regionale di Lugano, et ses collègues, a examiné le risque de migraine chez les femmes atteintes d’endométriose et a exploré les liens avec différents sous-types de migraine, avec ou sans aura.

L’analyse a porté sur 13 études épidémiologiques, rassemblant plus de 330 000 participantes, dont plus de 32 000 femmes diagnostiquées avec une endométriose. Les données ont été issues de sept bases de données scientifiques. Les résultats indiquent que les patientes atteintes d’endométriose ont un risque significativement plus élevé de migraines (rapport de cotes groupé de 2,25, intervalle de confiance à 95 % de 1,85 à 2,72) par rapport aux femmes sans endométriose. Ce risque est particulièrement marqué pour les migraines sans aura (rapport de cotes de 2,64, intervalle de confiance à 95 % de 1,89 à 3,69).

L’étude a également révélé que la méthode de diagnostic de l’endométriose joue un rôle important. Les femmes dont l’endométriose a été diagnostiquée par laparoscopie présentent un risque de migraine plus élevé (rapport de cotes de 3,48) que celles dont le diagnostic repose uniquement sur un code CIM ou une auto-évaluation (rapport de cotes de 1,65). De même, le risque de migraine semble augmenter avec la précision du diagnostic de la migraine elle-même, les patientes dont le diagnostic a été confirmé par un neurologue présentant le risque le plus élevé (rapport de cotes de 3,38).

Les chercheurs suggèrent que des facteurs hormonaux, notamment les fluctuations d’œstrogènes liées au cycle menstruel et à la périménopause, pourraient jouer un rôle clé dans cette association. Une augmentation des concentrations de cytokines et de prostaglandines, observée dans l’endométriose, pourrait également favoriser l’apparition de migraines. Des études récentes mettent en évidence une possible composante génétique commune aux deux affections.

Les auteurs de l’étude soulignent toutefois la nécessité d’interpréter ces résultats avec prudence, en raison de certaines limites méthodologiques. Les méthodes de diagnostic utilisées dans les différentes études étaient parfois incohérentes, et les données sur le stade de l’endométriose et la gravité des migraines étaient souvent incomplètes. De plus, un risque de biais a été identifié dans la moitié des études, en raison du manque de prise en compte de facteurs tels que la consommation de préparations hormonales ou le mode de vie.

Les chercheurs appellent donc à la réalisation de futures études prospectives, utilisant des critères de diagnostic uniformes, définissant clairement les stades de l’endométriose et tenant compte des différents facteurs de confusion, afin de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette association et d’améliorer la prise en charge des femmes concernées.

Pour plus d’informations sur l’endométriose, vous pouvez consulter le site de l’association Endométriose France.

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