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Les patients peuvent devenir inutilement déprimés à cause des médicaments cardiaques courants

Les bêtabloquants, traditionnellement prescrits après un infarctus, pourraient ne pas être aussi indispensables qu'on le pensait, et leur utilisation pourrait même être associée à un risque accru de dépression chez certains patients. Une étude suédoise récente met en…

Les patients peuvent devenir inutilement déprimés à cause des médicaments cardiaques courants

Les bêtabloquants, traditionnellement prescrits après un infarctus, pourraient ne pas être aussi indispensables qu’on le pensait, et leur utilisation pourrait même être associée à un risque accru de dépression chez certains patients. Une étude suédoise récente met en lumière la nécessité de reconsidérer cette pratique médicale courante.

Selon une sous-étude menée à l’Université d’Uppsala et portant sur plus de 800 patients, les bêtabloquants n’apportent aucun bénéfice significatif aux personnes ayant subi un infarctus dont la capacité de pompage cardiaque reste normale. Par ailleurs, les chercheurs ont observé une légère augmentation des symptômes dépressifs chez les patients traités par ces médicaments.

« Nous avons constaté que les bêtabloquants entraînaient des niveaux légèrement plus élevés de symptômes de dépression chez les patients qui avaient eu une crise cardiaque mais ne souffraient pas d’insuffisance cardiaque. Dans le même temps, les bêtabloquants n’ont aucune fonction vitale pour ce groupe de patients », explique Philip Leissner, doctorant en psychologie cardiaque et premier auteur de l’étude.

Les bêtabloquants agissent en bloquant les effets de l’adrénaline sur le cœur et sont utilisés depuis des décennies comme traitement standard après un infarctus. Cependant, leur efficacité est remise en question depuis l’émergence de nouvelles thérapies.

Une étude nationale suédoise plus vaste, publiée plus tôt cette année (DOI : 10.1056/NEJMoa2401479), avait déjà démontré que les bêtabloquants n’offraient aucune protection supplémentaire contre les rechutes ou le décès par rapport à l’absence de traitement médicamenteux. L’étude d’Uppsala, menée entre 2018 et 2023, a approfondi ces résultats en se concentrant sur 806 patients ayant subi un infarctus sans insuffisance cardiaque. La moitié d’entre eux ont reçu des bêtabloquants, tandis que l’autre moitié n’en a pas reçu.

Les chercheurs ont constaté que les patients qui prenaient déjà des bêtabloquants avant le début de l’étude présentaient des symptômes dépressifs plus marqués. Cette observation renforce l’idée que ces médicaments pourraient avoir des effets secondaires psychologiques chez certains individus.

« La plupart des médecins avaient l’habitude d’administrer des bêta-bloquants même aux patients sans insuffisance cardiaque, mais comme les preuves en faveur de cette pratique ne sont plus aussi solides, cela devrait être reconsidéré. Nous avons pu constater que certains de ces patients semblent être plus à risque de dépression. Si le médicament ne fait aucune différence pour leur cœur, ils le prennent inutilement et risquent de devenir déprimés », ajoute Philip Leissner.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.