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Les patients plus âgés peuvent être mis en danger par inadvertance lorsqu’ils ne prennent plus de médicaments anticoagulants

Pour les patients souffrant de fibrillation auriculaire, interrompre un traitement anticoagulant représente un risque plus élevé d'accident vasculaire cérébral ou de crise cardiaque que le risque de saignement, selon une étude de l'Université de Bath. Ces résultats remettent…

Les patients plus âgés peuvent être mis en danger par inadvertance lorsqu’ils ne prennent plus de médicaments anticoagulants

Pour les patients souffrant de fibrillation auriculaire, interrompre un traitement anticoagulant représente un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral ou de crise cardiaque que le risque de saignement, selon une étude de l’Université de Bath. Ces résultats remettent en question les appréhensions courantes des médecins concernant la prescription de ces médicaments aux personnes âgées.

La fibrillation auriculaire (FA), une maladie cardiaque fréquente, multiplie par cinq le risque d’accident vasculaire cérébral et contribue à environ 20 000 cas chaque année au Royaume-Uni. Les anticoagulants, également appelés fluidifiants sanguins, sont essentiels pour prévenir ces complications, ainsi que les crises cardiaques et les décès.

Les médecins hésitent souvent à prescrire des anticoagulants aux patients âgés, craignant les chutes et les hémorragies majeures. Cependant, l’étude, publiée dans la revue Cœur, révèle que l’arrêt des anticoagulants chez les patients de 75 ans et plus ne modifie pas significativement le risque d’hémorragie grave.

« Les prescripteurs doivent tenir compte du risque accru pour les patients d’arrêter les anticoagulants, y compris le risque d’accident vasculaire cérébral », souligne le Dr Anneka Mitchell, chercheuse à l’Université de Bath. « Nos résultats mettent en évidence la nécessité cruciale pour les cliniciens d’examiner attentivement les risques liés à l’arrêt du traitement anticoagulant chez les patients âgés. »

L’étude a analysé les données de plus de 20 000 patients de 75 ans et plus suivis entre 2013 et 2017. Elle a montré que les risques d’accident vasculaire cérébral et de décès étaient trois fois plus élevés pendant les périodes où les patients n’étaient pas sous traitement anticoagulant, et le risque de crise cardiaque était presque doublé.

Les cas de FA sont en augmentation, en particulier chez les personnes âgées de 85 ans et plus. Entre 2000 et 2016, le nombre de diagnostics a doublé chez les hommes (passant de 11,6 % à 22,1 %) et augmenté chez les femmes (de 9,6 % à 16,5 %).

L’étude met également en lumière l’évolution des traitements. Si la warfarine, un anticoagulant plus ancien, impliquait un suivi médical rigoureux et des restrictions alimentaires, les anticoagulants oraux directs (AOD), disponibles depuis 2013, sont plus simples à prendre et présentent un profil de sécurité amélioré.

« Par exemple, l’apixaban (un AOD) présente un risque de saignement important plus faible que la warfarine, ce qui en fait une option intéressante pour de nombreux patients âgés atteints de FA », explique le Dr Mitchell.

Le Dr Anita McGrogan, qui a dirigé l’équipe de recherche, souligne que les personnes âgées étaient sous-représentées dans les essais cliniques initiaux sur les AOD. « Cette étude a comblé un manque d’informations en examinant des données anonymes sur un large échantillon de patients suivis par des médecins généralistes », précise-t-elle.

Le Dr Tomas Welsh, gériatre, insiste sur l’importance d’une discussion individualisée avec chaque patient. « Suspender tout médicament ou réduire l’utilisation de plusieurs médicaments chez un patient âgé plus fragile est toujours une décision nuancée », conclut-il. « Ces données aident les patients et les cliniciens à mieux comprendre les risques et les bénéfices en jeu. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.