Publié le 2024-02-29 14:35:00. Près de 3 500 piétons ont perdu la vie sur les routes d’Espagne au cours de la dernière décennie, un bilan alarmant qui souligne la vulnérabilité des usagers non motorisés et met en lumière des facteurs de risque persistants.
- Plus de 124 000 collisions impliquant des piétons ont été recensées en dix ans, entraînant 130 000 blessures, dont 17 000 hospitalisations.
- Dans 72% des cas, le piéton n’est pas responsable de l’accident, mais la consommation d’alcool ou de drogues est impliquée dans 41% des décès.
- Les seniors et les jeunes adultes (18-25 ans) sont particulièrement à risque, les premiers en raison de leur fragilité et les seconds en raison de leur distraction liée aux nouvelles technologies.
L’Espagne déplore un nombre élevé de décès de piétons. Entre 2014 et 2024, près de 3 500 personnes ont été tuées dans des collisions avec des véhicules, selon une étude récente. Au total, plus de 124 000 accidents impliquant des piétons ont été enregistrés sur la même période, causant plus de 130 000 blessures, dont plus de 17 000 ont nécessité une hospitalisation.
Si la majorité des piétons (72%) ne commettent aucune infraction au moment de l’accident, certains facteurs contribuent à augmenter les risques. L’étude révèle que dans 41% des cas mortels, le piéton avait consommé de l’alcool, des drogues ou des médicaments ayant un effet sédatif, altérant ainsi ses réflexes et sa perception de l’environnement.
Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Les piétons de 65 ans et plus présentent un risque de décès en cas de collision deux fois supérieur à la moyenne. L’âge moyen des victimes est de 45 ans, mais les seniors sont surreprésentés dans les statistiques. La plupart des accidents se produisent avec des voitures (72%), en semaine, en journée et surtout entre octobre et décembre.
Un autre groupe à risque est constitué des jeunes adultes, âgés de 18 à 25 ans, surnommés les « piétons technologiques ». L’utilisation fréquente du téléphone portable ou d’écouteurs pendant la marche réduit leur temps de réaction et augmente le risque d’accident, en particulier dans les zones de divertissement et les campus universitaires.
La localisation géographique joue également un rôle important. 86% des collisions se produisent en zone urbaine, mais les accidents en dehors des villes sont beaucoup plus graves : le risque de décès y est huit fois plus élevé en raison des vitesses plus importantes. En milieu urbain, les collisions avec des voitures représentent la forme la plus meurtrière d’accidents de la circulation, étant responsables de 42% de tous les décès sur la route.
Les infractions les plus courantes commises par les piétons sont le passage de la chaussée en dehors des passages piétons (16%), la marche sur la chaussée (5%) et le non-respect des feux de circulation (4%). Les conducteurs sont également impliqués dans les accidents, notamment en ne respectant pas les passages piétons et les feux de circulation, ou en roulant à une vitesse excessive.