Publié le 5 janvier 2026 à 10h10. Les automobilistes américains peuvent espérer une année 2026 marquée par des prix à la pompe en baisse, une rare bonne nouvelle dans un contexte économique toujours préoccupant. Les prévisions de GasBuddy annoncent une moyenne nationale inférieure à 3 dollars le gallon (environ 3,79 litres), une situation inédite depuis 2020.
- Les prix de l’essence devraient atteindre en moyenne 2,97 dollars le gallon (environ 3,79 litres) aux États-Unis en 2026.
- Il s’agirait de la quatrième année consécutive de baisse des prix à la pompe.
- La situation au Venezuela, malgré l’intervention américaine et la capture de Nicolas Maduro, ne devrait pas remettre en cause ces prévisions.
Après une période de flambée des prix en 2022, exacerbée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les consommateurs américains pourraient bénéficier d’un répit financier en 2026. En juin 2022, le prix de l’essence avait franchi la barre des 5 dollars le gallon (environ 6,34 litres) pour la première fois, contribuant à une inflation galopante qui a dépassé les 9 %. La situation actuelle marque un revirement notable, grâce à un rééquilibrage du marché post-Covid.
Selon Patrick De Haan, responsable de l’analyse pétrolière chez GasBuddy, « les choses s’annoncent plutôt bien. Nous sommes enfin sortis d’affaire avec le rééquilibrage du marché après le Covid ». La plateforme prévoit une moyenne annuelle de 2,97 dollars le gallon (environ 3,79 litres) pour 2026, ce qui représenterait une baisse significative par rapport aux années précédentes.
Cette prévision, partagée initialement avec CNN, tient compte des événements récents, notamment l’intervention américaine au Venezuela et la capture du président Nicolas Maduro. M. De Haan a cependant souligné que la situation vénézuélienne ne devrait pas modifier les perspectives optimistes concernant les prix, car la reconstruction de l’infrastructure énergétique du pays prendra du temps.
« À court terme, nous constatons peu de perturbations ou de changements suite aux événements des derniers jours », a-t-il déclaré. Les contrats à terme sur le pétrole ont d’ailleurs montré une faible volatilité après l’annonce de l’intervention américaine.
Ces prévisions constituent un élément positif dans un contexte économique marqué par des difficultés d’accès au pouvoir d’achat qui ont ébranlé la confiance des consommateurs et entraîné une chute de la popularité du président Donald Trump. D’autres coûts, tels que certains produits alimentaires, l’électricité et le chauffage, continuent de grimper.
GasBuddy estime que les Américains devraient dépenser 11 milliards de dollars de moins à la pompe en 2026 qu’en 2025, soit une moyenne de 2 083 dollars par foyer et par an, contre 2 716 dollars en 2022. Dix États devraient bénéficier d’un prix annuel moyen inférieur à 2,75 dollars le gallon (environ 3,47 litres) : l’Alabama, l’Arkansas, le Kansas, la Louisiane, le Mississippi, le Missouri, l’Oklahoma, la Caroline du Sud, le Tennessee et le Texas.
Les prix de l’essence devraient atteindre un pic mensuel de 3,12 dollars le gallon (environ 3,94 litres) en mai, avec le passage à un carburant d’été plus coûteux et l’augmentation de la demande. À la fin de l’année, le prix devrait redescendre à 2,83 dollars le gallon (environ 3,57 litres) en moyenne.
En 2025, les prix de l’essence avaient déjà commencé à baisser, avec une moyenne annuelle de 3,10 dollars le gallon (environ 3,90 litres), grâce à la baisse des prix du pétrole à l’échelle mondiale. Le pétrole a perdu 20 % de sa valeur en 2025, enregistrant sa plus forte baisse annuelle depuis 2020. Les prix du brut ont baissé pendant quatre trimestres consécutifs, la plus longue séquence de pertes trimestrielles depuis fin 2001, selon les données de FactSet.
L’Energy Information Administration (EIA) des États-Unis prévoit un prix moyen du pétrole américain de 51 dollars le baril en 2026, contre 65 dollars en 2025 et 77 dollars en 2024.
M. De Haan ne considère pas ces prix relativement bas comme un signe avant-coureur de difficultés économiques, soulignant que la demande de carburant reste solide. « Les prix ne sont pas déterminés par un manque de demande mais par une augmentation de l’offre à tous les niveaux », a-t-il expliqué. Cette augmentation de l’offre est en partie due à la hausse de la production de l’OPEP, sous la pression de l’administration Trump, ainsi qu’à la production américaine, qui reste élevée malgré les promesses non tenues de croissance fulgurante.
La production pétrolière américaine s’est élevée à 13,83 millions de barils par jour au cours de la semaine se terminant le 26 décembre, selon les estimations préliminaires de l’EIA, juste en dessous du record de 13,86 millions début novembre et légèrement supérieure aux 13,48 millions à la fin de l’administration Biden.
Cependant, la faiblesse des prix incite déjà certaines compagnies pétrolières américaines à revoir à la baisse leurs projets de forage. La production pétrolière américaine devrait diminuer de 100 000 barils par jour en 2026, pour atteindre une moyenne de 13,5 millions de barils par jour, selon les données fédérales.
« Les automobilistes devraient faire preuve de prudence avant de se réjouir du maintien des prix bas, car la production pétrolière américaine finira par faiblir, ce qui donnera davantage de parts de marché à l’OPEP », a averti M. De Haan.
Des facteurs imprévisibles pourraient toujours venir perturber ces prévisions. L’instabilité régionale accrue suite à l’intervention américaine au Venezuela, la poursuite de la guerre en Ukraine et les attaques contre les infrastructures énergétiques russes, ainsi que les tensions au Moyen-Orient, constituent autant de risques potentiels. Des menaces de représailles américaines en Iran ont également été formulées par les autorités iraniennes.
Enfin, un changement de stratégie de l’OPEP, passant d’une augmentation à une réduction de la production pour soutenir les prix, pourrait également modifier la donne. Néanmoins, pour l’instant, l’essence devrait rester un point positif dans un contexte économique difficile.
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