Lien découvert entre la drépanocytose chronique et les bactéries intestinales
Une collaboration de recherche impliquant des scientifiques et des étudiants a révélé un lien clair entre la drépanocytose chronique et les bactéries présentes dans le tractus gastro-intestinal.
Les chercheurs se sont concentrés sur Akkermansia muciniphila, une bactérie couramment trouvée dans l’intestin humain, mais moins présente chez les personnes atteintes de drépanocytose. L’étude, menée sur des souris et des tissus humains, a démontré que la transplantation de bactéries issues des excréments de souris saines dans le tube digestif de souris atteintes de drépanocytose atténuait la douleur chronique.
“Nos résultats fournissent des preuves solides que la composition du microbiome intestinal pourrait contribuer à la douleur chronique chez les personnes atteintes de drépanocytose”, ont déclaré les chercheurs.
La drépanocytose est un trouble génétique caractérisé par une forme anormale et rigide des globules rouges. Les personnes atteintes peuvent souffrir de douleurs soudaines et intenses dues au blocage du flux sanguin et à la privation d’oxygène de certaines zones du corps. Au moins 50% d’entre elles ressentent également une douleur chronique, dont les mécanismes diffèrent de ceux de la douleur aiguë.
Les chercheurs suggèrent que les bactéries et autres composés du système digestif peuvent avoir des effets profonds sur l’organisme, notamment en activant le système immunitaire. L’influence du microbiome intestinal sur la douleur chronique est un domaine de recherche en pleine expansion, avec des études récentes explorant son rôle dans des affections telles que la fibromyalgie.
A. muciniphila est disponible en vente libre comme supplément probiotique. Cette étude est la première à identifier cette bactérie comme une cible potentielle pour le traitement de la drépanocytose. Les chercheurs ont constaté que la transplantation de cette bactérie chez des souris atteintes de drépanocytose inversait presque complètement leur douleur chronique. De plus, le transfert de bactéries de souris drépanocytaires à des animaux sains a également transféré la douleur, sans pour autant transmettre le trouble génétique lui-même, mais plutôt une sensibilité accrue au toucher et au froid.
Les chercheurs pensent que la modification de la composition intestinale peut activer les terminaisons nerveuses dans l’intestin, qui envoient des signaux au système nerveux central, entraînant une sensibilisation centrale et une augmentation de la sensibilité.
Le microbiome intestinal humain est en constante évolution, influencé par l’alimentation, l’âge, le mode de vie, les médicaments et l’environnement. L’utilisation de probiotiques, tels que Akkermansia, pourrait être bénéfique, bien que les chercheurs soulignent la nécessité de varier les probiotiques pour contrer l’adaptation des bactéries intestinales.
Les chercheurs envisagent le développement d’un médicament thérapeutique pour la douleur chronique de la drépanocytose, qui pourrait améliorer considérablement la qualité de vie des patients. Actuellement, les options de gestion de la douleur sont limitées, la thérapie génique étant coûteuse et nécessitant une chimiothérapie. De plus, les études récentes sur la thérapie génique n’ont pas évalué son impact sur la douleur chronique.
Cette approche thérapeutique représente une nouvelle voie d’exploration, potentiellement plus abordable et accessible aux patients souffrant de drépanocytose.
Référence: Brandow AM, Atkinson SN, Manjarres Z, et al. Le microbiote et les métabolites intestinaux entraînent des douleurs à la drépanocytose chronique chez la souris. Hôte de cellule et microbe. 2025. Doi: https://doi.org/10.1016/j.chom.2025.08.012
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