Publié le 24 septembre 2023 18:30:00. Une bataille juridique éclate autour de la capacité de l’avocat de James Comey à le représenter dans son procès en diffamation, le ministère de la Justice soulevant des questions sur un potentiel conflit d’intérêts lié à la divulgation d’informations classifiées.
- Le ministère de la Justice remet en question l’impartialité de Patrick Fitzgerald, l’avocat de James Comey.
- Les procureurs suggèrent que Comey aurait pu utiliser Fitzgerald pour diffuser des documents classifiés en 2017.
- L’équipe de Comey réfute ces allégations, les qualifiant de « prouvablement fausses ».
Washington – Le ministère de la Justice tente de semer le doute sur la capacité de Patrick Fitzgerald, l’avocat principal de l’ancien directeur du FBI James Comey, à le représenter de manière impartiale dans le cadre de son procès en diffamation. Cette manœuvre juridique intervient alors que l’affaire, que l’équipe de Comey qualifie d’« effort de diffamation », prend de l’ampleur.
Dans un document déposé dimanche soir, les procureurs ont suggéré que M. Fitzgerald pourrait être confronté à un « conflit d’intérêts potentiel et à une disqualification » en raison d’allégations selon lesquelles Comey l’aurait consulté en 2017 pour la diffusion de documents classifiés. Les avocats de Comey ont immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de « prouvablement fausses ».
Le dossier judiciaire révèle que des « preuves mises en quarantaine » dans l’affaire contiennent des échanges de communications entre Comey et Fitzgerald. Selon les procureurs, ces échanges pourraient indiquer une implication de l’avocat dans la divulgation d’informations sensibles.
« Sur la base d’informations rendues publiques, l’accusé a utilisé son avocat actuel pour divulguer de manière inappropriée des informations classifiées », ont écrit les procureurs dans leur dépôt de lundi.
M. Fitzgerald a répliqué en citant un rapport de l’inspecteur général du ministère de la Justice qui avait déjà examiné ces allégations. Ce rapport, a-t-il souligné, « n’a trouvé aucune preuve que M. Comey ou ses avocats aient divulgué aux médias l’une des informations classifiées contenues dans l’un des mémos ».
M. Fitzgerald a précisé que M. Comey, après son licenciement le 9 mai 2017, avait sollicité un avis juridique concernant les motifs de son renvoi et les agissements du président Trump qu’il jugeait illégaux.
Le licenciement de Comey est survenu quelques mois seulement après la prise de fonction de Donald Trump, suite à l’enquête menée par le FBI sur l’ingérence russe dans les élections présidentielles de 2016.
Selon Elie Honig, ancien procureur fédéral et analyste juridique de CNN, cette situation est délicate.
« Écoutez, on n’est jamais censé être à la fois avocat et témoin dans la même affaire. »
Elie Honig, ancien procureur fédéral et analyste juridique principal de CNN
Il a ajouté que si M. Fitzgerald était impliqué dans une quelconque « chaîne de fuites » initiée par M. Comey, il ne pourrait généralement pas agir comme avocat de la défense dans cette affaire.
M. Comey avait rédigé sept mémos relatant ses interactions avec le président Trump en 2017. M. Fitzgerald a précisé que M. Comey avait partagé ces mémos avec ses avocats, mais qu’aucun d’entre eux ne contenait, selon lui, d’informations classifiées.
M. Fitzgerald a insisté sur le fait que les mémos n’étaient pas classifiés au moment où ils ont été communiqués à son équipe juridique, M. Comey étant à la fois l’auteur des documents et une autorité de classification originale. Il a ajouté que le gouvernement avait par la suite choisi de « surclasser » ces mémos.
L’avocat de Comey a conclu en affirmant que la reclassification ultérieure des documents ne modifie en rien le fait qu’ils n’étaient pas classifiés au moment de leur transmission initiale.
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