Publié le 2025-11-07 17:27:00. Une équipe de chercheurs suédois a identifié une protéine, HIF2α, qui pourrait ralentir la progression du neuroblastome, un cancer infantile agressif, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques potentielles.
- Des niveaux élevés de HIF2α sont associés à une maturation plus lente des cellules tumorales du neuroblastome.
- L’activation de HIF2α a démontré une réduction de la croissance tumorale dans des modèles murins.
- Cette découverte remet en question les conceptions antérieures sur le rôle de HIF2α dans le développement de ce cancer.
Le neuroblastome, une tumeur qui se développe à partir des cellules du système nerveux sympathique, touche principalement les jeunes enfants. Malgré des améliorations récentes dans les traitements, le pronostic reste sombre pour les patients dont les cellules tumorales présentent de multiples copies d’un gène appelé MYCN. Environ six pour cent des cancers infantiles sont des neuroblastomes, et bien que le taux de survie ait atteint trois enfants sur quatre, il demeure plus faible en présence de nombreuses copies du gène MYCN.
Pour mieux comprendre les mécanismes de ce cancer et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, des chercheurs de l’Université d’Umeå et de l’Institut Karolinska ont concentré leurs efforts sur la protéine HIF2α. Leurs travaux ont révélé un rôle inattendu de cette protéine dans la régulation de la croissance des cellules tumorales.
« Il s’agit d’une substance très spécifique et de son fonctionnement au niveau cellulaire. Il n’est absolument pas possible d’influencer ce processus en augmentant simplement sa consommation de protéines, mais nous espérons que cela pourra mener à de nouveaux traitements à long terme. »
Johan Holmberg, professeur de biologie tumorale moléculaire à l’Université d’Umeå
L’étude a montré que lorsque les chercheurs augmentaient la quantité de HIF2α dans les cellules de neuroblastome contenant de nombreuses copies du gène MYCN, les niveaux de la protéine produite par ce gène diminuaient. Parallèlement, des gènes typiques des cellules productrices de noradrénaline dans les glandes surrénales étaient activés, suggérant que les cellules tumorales commençaient à adopter les caractéristiques de cellules nerveuses plus matures. De plus, leur division cellulaire ralentissait.
Des expériences menées sur des souris atteintes de neuroblastome ont confirmé ces résultats, montrant une réduction significative de la croissance tumorale lorsque HIF2α était activée. Cette observation est particulièrement encourageante car elle suggère que l’activation de HIF2α pourrait avoir un effet freinateur sur la progression du cancer.
Ces découvertes remettent en question l’idée préconçue selon laquelle HIF2α agirait comme un accélérateur de la croissance tumorale dans le neuroblastome. Au contraire, les résultats indiquent que cette protéine pourrait, dans certains cas, exercer une fonction inhibitrice et favoriser la maturation des cellules tumorales vers un état moins agressif.
« Cette découverte pourrait s’avérer importante, mais il reste encore un long chemin à parcourir avant que de nouveaux traitements basés sur ces résultats ne soient disponibles. »
Johan Holmberg, professeur de biologie tumorale moléculaire à l’Université d’Umeå
En savoir plus sur le neuroblastome et l’étude
Les chercheurs ont également analysé des échantillons provenant d’enfants atteints de neuroblastome et ont constaté que des niveaux élevés du gène EPAS1 – qui contrôle la production de HIF2α – étaient associés à de faibles niveaux de MYCN et à l’expression de gènes caractéristiques de cellules nerveuses plus matures. Les enfants présentant des niveaux élevés d’EPAS1 avaient également, de manière générale, un meilleur pronostic.