Les anciens combattants américains pourraient voir leur accès aux soins à domicile réduit à partir de janvier 2026, suite à la publication des nouveaux tarifs de remboursement par le Département des Anciens Combattants (VA). Des baisses significatives sont prévues dans certains États, notamment au Texas et au Nouveau-Mexique, suscitant des inquiétudes quant à la viabilité financière des prestataires de soins.
Le nouveau barème tarifaire, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026, prévoit une diminution de 43 % des taux de remboursement dans une grande partie des zones rurales du Texas, ainsi qu’une réduction de 19 % au Nouveau-Mexique. Parallèlement, cinq régions du Texas connaîtront de légères augmentations. Ces ajustements, combinés à l’absence d’une augmentation générale de 3 % liée à l’inflation – une pratique observée ces dernières années – pourraient avoir des conséquences importantes sur la capacité des agences à fournir des soins.
Selon Eric Reinarman, vice-président des relations gouvernementales de la Home Care Association of America (HCAOA), ces réductions de tarifs se répercuteront inévitablement sur les prestataires. « Les États qui n’ont pas intégré d’augmentations annuelles progressives des taux d’exonération de Medicaid se retrouvent désormais dans une situation difficile pour rattraper le coût actuel de la prestation des soins », explique-t-il. « Le VA sera confronté au même problème sans augmentations nominales annuelles. »
L’HCAOA met en garde contre un cercle vicieux : lorsque les remboursements ne suivent pas l’inflation, les prestataires doivent absorber des coûts croissants, notamment en matière de salaires, de charges sociales, d’assurances, de formation et de conformité. À terme, cela pourrait les contraindre à limiter le nombre de nouveaux patients, à réduire leurs zones d’intervention ou à privilégier les contrats les plus rentables, réduisant ainsi l’accès aux soins pour les anciens combattants.
Les zones rurales sont particulièrement vulnérables, car le VA ne rembourse ni les frais de déplacement ni le temps passé sur la route. De plus, la durée moyenne des visites à domicile au Texas atteint un niveau record de 3,4 heures, ce qui augmente les coûts pour les prestataires. « Un tarif unique pour l’ensemble de l’État du Texas ou du Nouveau-Mexique n’a pas de sens », souligne M. Reinarman. « La fixation des tarifs doit tenir compte des facteurs de coûts réels et des variations du marché local. »
L’HCAOA exhorte le VA et les législateurs à reconsidérer ces réductions de tarifs et à adopter une approche plus localisée. L’association encourage également les agences sous contrat avec le VA à partager des données concrètes sur leurs coûts opérationnels afin de démontrer l’impact potentiel de ces changements sur l’accès aux soins. « Si l’AV reçoit des données opérationnelles claires et cohérentes montrant que l’accès sera compromis, il est réaliste de penser qu’un engagement soutenu pourrait conduire à des ajustements », conclut M. Reinarman.