Publié le 13 mars 2024. Une vaste étude internationale confirme l’efficacité des régimes pauvres en glucides pour la perte de poids, mais met en garde contre une possible augmentation du cholestérol LDL et une légère perte de masse musculaire.
- Les régimes pauvres en glucides entraînent une perte de poids significative, une réduction de l’IMC et du tour de taille.
- Ces régimes peuvent augmenter le taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) d’environ 4 à 5 mg/dL (0,1 à 0,13 mmol/L).
- Le choix des graisses est crucial : privilégier les graisses de qualité pour minimiser les risques cardiovasculaires.
Une analyse portant sur les données de plus de 11 000 adultes issus de 27 pays a révélé une tendance claire : les régimes à faible teneur en glucides sont efficaces pour favoriser la perte de poids. L’étude, basée sur l’examen de plus de 170 essais contrôlés randomisés, a mis en évidence une réduction notable du poids corporel, de l’indice de masse corporelle (IMC), du tour de taille et de la masse grasse, y compris la graisse abdominale, particulièrement dangereuse pour la santé cardiaque.
Cependant, cette efficacité s’accompagne d’effets secondaires potentiels. Les chercheurs ont constaté une augmentation moyenne du taux de cholestérol LDL chez les participants suivant un régime pauvre en glucides. Ils ont également observé une légère diminution de la masse musculaire, surtout chez ceux qui adoptaient ce type d’alimentation sur le long terme.
Elisabetta Politi, spécialiste de l’éducation sur le diabète, explique ce phénomène :
« Les régimes pauvres en glucides ont tendance à être riches en graisses. Si l’on consomme principalement des graisses saturées, comme celles contenues dans le beurre, le fromage ou la viande grasse, une augmentation du LDL est une conséquence logique. »
Elisabetta Politi, CDCES, RD, spécialiste de l’éducation sur le diabète
L’étude nuance toutefois ces résultats. Elle souligne que la réduction des glucides, en particulier des glucides raffinés, peut avoir des effets bénéfiques sur la santé cardiovasculaire, à condition de les remplacer par des sources de graisses et de protéines de qualité. Cela permet d’augmenter le taux de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol) et de diminuer les triglycérides.
Une analyse plus approfondie a montré que remplacer les glucides uniquement par des protéines réduisait le cholestérol total, tandis que la combinaison d’une réduction des glucides avec une augmentation de la consommation de graisses et de protéines avait l’impact le plus positif sur la tension artérielle, l’inflammation, la fonction endothéliale et la composition corporelle.
Les régimes pauvres en glucides étudiés variaient de 50 à 130 grammes de glucides par jour, ce qui représente environ 10 à 26 % des besoins caloriques quotidiens totaux.
Les chercheurs insistent sur l’importance de ne pas substituer les glucides sains – légumes, fruits, céréales complètes, noix – par un excès de graisses saturées. Un régime pauvre en glucides mal équilibré, pratiqué sans l’avis d’un professionnel de la nutrition, pourrait en réalité augmenter le risque de maladies cardiaques.
Elisabetta Politi conclut :
« Pour de nombreuses personnes, les avantages d’un régime pauvre en glucides peuvent dépasser les risques, à condition d’être bien conseillé sur le choix des sources de glucides et de contrôler sa consommation de graisses saturées. »
Elisabetta Politi, CDCES, RD, spécialiste de l’éducation sur le diabète
Alors que les régimes pauvres en glucides gagnent en popularité, cette étude rappelle qu’une perte de poids réussie ne doit pas se faire au détriment de la santé cardiovasculaire à long terme. La clé réside dans un équilibre entre la réduction des glucides et le choix de sources saines de protéines et de graisses.
| Journaliste | |
| Imaduddin Muhammad | Éditeur |
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