Publié le 2025-10-30 01:19:00. Une vaste étude française démontre que les choix alimentaires respectueux de l’environnement ne protègent pas seulement la planète, mais réduisent également significativement le risque de développer des maladies chroniques graves, offrant ainsi un double bénéfice pour la santé publique et l’écologie.
- Une alimentation ayant un impact environnemental plus faible est associée à une diminution du risque de cancer de 15 %.
- Le risque de maladies coronariennes et de diabète de type 2 augmente de 50 % avec une alimentation plus chargée en pressions environnementales.
- L’étude souligne l’importance des systèmes alimentaires durables pour la santé planétaire et humaine.
Des chercheurs ont mis en évidence un lien direct entre l’empreinte écologique de notre alimentation et notre santé. L’étude, publiée dans The Lancet Régional Santé – Europe, s’appuie sur l’analyse de données provenant de plus de 34 077 adultes français participant à la cohorte NutriNet-Santé.
L’étude a révélé que chaque augmentation d’un écart type du composite d’Indice de Pressions Environnementales (IPE) était associée à une augmentation significative du risque de cancer (Ratio de Risque [RR] 1,15 [Intervalle de Confiance à 95 % 1,03–1,28]), de maladies coronariennes et de diabète de type 2 (RR 1,50 [1,29–1,73]). Aucune association significative n’a été observée avec les accidents vasculaires cérébraux ou la mortalité toutes causes confondues.
Ces résultats confirment le concept de « co-bénéfices », qui postule qu’une seule action, comme privilégier des aliments durables, peut simultanément améliorer la santé humaine et préserver l’environnement. Ce concept est devenu central dans les débats sur le climat et la santé, la recherche montrant depuis des décennies que nos habitudes alimentaires jouent un rôle majeur dans l’augmentation des maladies chroniques telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires (MCV) et le diabète (en particulier le diabète de type 2 [DT2]).
L’étude met également en lumière l’impact environnemental significatif des systèmes alimentaires mondiaux actuels, qui contribuent de manière importante aux émissions de gaz à effet de serre (GES), à la dégradation des terres et à la consommation d’eau douce. Des analyses comparatives ont montré que les régimes alimentaires à base de plantes ont généralement un impact environnemental plus faible que ceux riches en produits d’origine animale.
Les participants ayant les régimes alimentaires les plus chargés en pressions environnementales consommaient davantage de viandes rouges (porc, bœuf et agneau), de volaille et de viandes transformées. À l’inverse, ceux qui suivaient un régime à faible pression environnementale consommaient plus de céréales complètes, de fruits et de légumes, s’alignant ainsi sur des modèles alimentaires durables comme le régime EAT-Lancet.
L’étude a également noté une association positive entre une fréquence plus élevée de traitement aux pesticides et le risque de cancer, de MCV et de DT2. Une consommation d’eau plus importante, reflétant une plus grande consommation de fruits et de légumes, était quant à elle associée à un risque de cancer plus faible. Les résultats concernant les infrastructures écologiques, qui mesurent l’impact sur la biodiversité, étaient plus nuancés.
Les auteurs soulignent la nécessité d’une évaluation complète des pressions environnementales liées à l’alimentation afin de fournir aux décideurs politiques et aux agences de santé publique les informations nécessaires pour optimiser les recommandations alimentaires durables et améliorer à la fois la santé humaine et la santé de la planète.
Référence du journal :
- Kesse-Guyot, E., Chayre, A., Perraud, E., Berger, S., Richard, A., Berlivet, J., Touvier, M., Allès, B., Hercberg, S., Lairon, D., Pointereau, P., Fouillet, H., Baudry, J., Couturier, C., & Mariotti, F. (2025). Association entre pressions environnementales alimentaires et maladies chroniques majeures : évaluation de la cohorte prospective NutriNet-Santé. The Lancet Régional Santé – Europe59, 101481. DOI : https://www.thelancet.com/journals/lanepe/article/PIIS2666-7762(25)00273-X/fulltext
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