Publié le 27 octobre 2025 10:27:00. La consommation de cigarettes électroniques continue de progresser chez les jeunes au Royaume-Uni, malgré les nouvelles réglementations. Face à une situation préoccupante, les autorités cherchent des solutions innovantes pour limiter l’accès des mineurs à ces produits.
- Près d’un jeune sur cinq (20 %) au Royaume-Uni a déjà expérimenté la vapote, soit 1,1 million de personnes.
- La dépendance aux produits de vapotage a presque doublé depuis 2020, avec 44 % des utilisateurs signalant un fort besoin de vapoter.
- La majorité des jeunes qui vapotent n’ont jamais fumé de cigarettes traditionnelles, ce qui remet en question l’idée que la vapote est un outil de sevrage tabagique chez les adolescents.
La Grande-Bretagne est confrontée à une augmentation constante du vapotage chez les jeunes, une tendance qui s’est accélérée depuis 2021. Les chiffres récents, issus d’une étude de l’organisation Action on Smoking and Health (ASH) publiée en 2024, sont alarmants : 7 % des jeunes de 11 à 17 ans vapotent actuellement, et 3 % le font quotidiennement. Ces données, qui restent stables depuis 2023, témoignent d’un manque d’efficacité des politiques de prévention actuelles.
Malgré l’adoption de nouvelles réglementations, comme le projet de loi sur le tabac et la vape et l’interdiction des vapes jetables, les jeunes continuent d’accéder facilement à ces produits. La simple restriction de la visibilité en magasin ne suffit plus, car les réseaux sociaux, les marchés informels et les plateformes numériques offrent de nouvelles voies d’accès.
Une analyse plus approfondie des données d’ASH révèle que 89 % des jeunes ayant expérimenté la vapote n’ont jamais fumé de cigarettes traditionnelles. Seuls 5 % ont commencé à fumer après avoir découvert la vapote, ce qui confirme que, chez les jeunes, la vapote n’est pas un moyen de se défaire d’une addiction au tabac, mais plutôt une initiation à un risque potentiel.
Parallèlement, une étude du King’s College de Londres a démontré en 2022 que la vapote est « considérablement moins nocive que le tabac » pour les adultes qui cherchent à arrêter de fumer. Cependant, 63 % des jeunes considèrent la vapote comme étant aussi dangereuse, voire plus, que le tabagisme selon les données d’ASH, ce qui pourrait expliquer le manque de progrès dans la réduction du tabagisme chez les jeunes.
Les méthodes traditionnelles de contrôle, axées sur les points de vente, se révèlent insuffisantes. En effet, 46 % des jeunes vapoteurs achètent leurs produits en magasin, mais un chiffre alarmant de 76 % s’approvisionnent auprès de leurs amis ou de leurs pairs d’après les données d’ASH. Le partage informel, les commandes en ligne et les échanges entre jeunes sont devenus aussi courants que les canaux de vente traditionnels, rendant difficile le contrôle de l’âge et l’application des réglementations.
Pour répondre à ce défi, des solutions innovantes, comme la vérification de l’âge au moment de l’utilisation, sont envisagées. Cette technologie, proposée par des entreprises comme IKE Tech, permettrait de s’assurer que seules les personnes majeures peuvent activer et utiliser un appareil de vapotage, quel que soit son mode d’acquisition. L’idée est d’utiliser la technologie pour contrôler l’accès aux produits de vapotage, en s’appuyant sur des contrôles d’âge continus et intégrés aux applications.
L’augmentation des produits de vapotage illicites et non réglementés constitue également une source de préoccupation majeure, notamment depuis l’interdiction des vapes jetables. Les autorités commerciales ont saisi des centaines de milliers de vapes illégales au Royaume-Uni au cours des dernières années selon National Trading Standards. Des tests ont révélé que ces produits contenaient des niveaux dangereux de métaux lourds, tels que le plomb, le nickel et le chrome comme l’a rapporté la BBC, ainsi que des concentrations de nicotine et de carbonyles supérieures aux limites autorisées.
Pour lutter contre ce problème, des solutions technologiques, telles que les étiquettes d’authentification intelligentes, pourraient permettre de suivre et de tracer les produits de vapotage, facilitant ainsi l’identification et le retrait des produits illégaux du marché.
La lutte contre le vapotage chez les jeunes nécessite une approche globale et collaborative, impliquant les fabricants, les détaillants, les régulateurs, les éducateurs et les professionnels de la santé publique. Il est essentiel de combiner des garanties technologiques solides avec une éducation claire et fondée sur des données probantes concernant les risques relatifs et absolus du vapotage et du tabagisme. Le plan de santé décennal du gouvernement met l’accent sur la prévention et l’innovation numérique, mais ces ambitions doivent se traduire par des actions concrètes et durables.
Le projet de loi sur le tabac et la vape prévoit des mesures supplémentaires, telles que des interdictions de publicité et des restrictions sur les emballages et les arômes. Toutefois, la vérification de l’âge au moment de l’utilisation, si elle est intégrée au projet de loi, pourrait constituer un complément efficace pour empêcher l’accès des mineurs tout en facilitant l’accès des adultes, en particulier ceux issus de groupes vulnérables. En combinant ces différentes approches, le gouvernement pourrait renforcer son arsenal de solutions pour lutter efficacement contre le vapotage chez les jeunes.
