Publié le 21 octobre 2025 19:24:00. Les supporters du Maccabi Tel Aviv ont été interdits de stade pour un match d’Europa League contre Aston Villa, une décision controversée justifiée par les autorités britanniques par un risque élevé de violence émanant d’éléments radicaux du club israélien.
- La police britannique a interdit aux supporters du Maccabi Tel Aviv d’assister au match contre Aston Villa en raison de craintes de troubles à l’ordre public.
- Des informations de renseignement pointent vers la présence de supporters extrémistes du Maccabi ayant des antécédents de violence et de propos racistes.
- Cette interdiction a suscité une vive polémique, certains y voyant une capitulation face à l’antisémitisme.
La décision, prise par le groupe consultatif sur la sécurité de Birmingham, fait suite à une évaluation des renseignements menée par la police des West Midlands et partagée avec l’unité nationale de police du football du Royaume-Uni. Les autorités estiment que le match du 6 novembre à Villa Park représente un risque élevé, sans pour autant rendre publiques les informations précises qui ont motivé cette interdiction.
Selon des sources proches du dossier, les renseignements de la police indiquent qu’une cinquantaine de supporters extrémistes du Maccabi, connus pour leur comportement violent et leurs insultes racistes, étaient susceptibles de se rendre à Birmingham. La police néerlandaise avait déjà signalé des incidents impliquant des supporters du Maccabi lors d’un match à Amsterdam l’année précédente, où des agressions aléatoires contre des personnes d’origine musulmane avaient conduit à des représailles et à des troubles nécessitant l’intervention de 5 000 policiers sur trois jours.
Une évaluation de l’impact communautaire réalisée par la police des West Midlands a révélé que certains membres de la communauté juive locale craignaient des problèmes en cas de présence des supporters du Maccabi. Les autorités craignaient que des incidents provoqués par les supporters israéliens n’entraînent des représailles de la part de la population locale.
Le Premier ministre Keir Starmer a critiqué cette interdiction, déclarant :
« C’est une mauvaise décision. Nous ne tolérerons pas l’antisémitisme dans nos rues. Le rôle de la police est de garantir que tous les fans de football puissent profiter du match, sans crainte de violence ou d’intimidation. »
Keir Starmer, Premier ministre
L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni a exprimé ses regrets, dénonçant le fait que des extrémistes aient transformé le football en une plateforme d’intimidation, chassant les supporters juifs et israéliens des stades britanniques. Elle a également condamné la rhétorique incendiaire et parfois raciste exprimée par certains responsables politiques et locaux, ainsi que la montée de l’antisémitisme.
Le Maccabi Tel Aviv a annoncé qu’il ne vendrait pas de billets pour le match à Birmingham, bien que l’allocation initiale prévue soit d’environ 2 400 places. Le club avait joué un match en Grèce le mois dernier sans incident majeur. Cependant, le match de ce dimanche contre son rival de Tel Aviv, l’Hapoel a été annulé après des émeutes et des jets d’engins pyrotechniques sur le terrain.
La secrétaire à la Culture, Lisa Nandy, a défendu la décision de la police, soulignant qu’elle s’inscrivait dans un contexte de montée de l’antisémitisme au Royaume-Uni et dans le monde, notamment après l’attaque d’une synagogue à Manchester qui avait fait deux victimes.
« Cette décision n’a pas été prise en vase clos. Elle s’inscrit dans le contexte d’une montée de l’antisémitisme ici et dans le monde, et d’une attaque contre une synagogue à Manchester au cours de laquelle deux hommes innocents ont été tués. »
Lisa Nandy, secrétaire à la Culture
Les autorités estiment qu’en l’absence de l’interdiction, il aurait fallu déployer au moins 1 500 à 2 000 agents anti-émeutes, provenant de toute la Grande-Bretagne, pour un coût estimé à 6 millions de livres sterling, voire plus.
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