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Les Républicains ont tenté de créer des zones interdites aux protestants

by Clara Dubois

Publié le 28 décembre 2025 à 00h07. Des archives récemment déclassifiées révèlent des tentatives de républicains nord-irlandais de créer des zones interdites aux protestants, ainsi que des tensions persistantes autour de la sincérité des efforts de paix et des controverses médiatiques impliquant d’anciennes figures politiques.

  • Des documents d’archives indiquent que des républicains en Irlande du Nord ont cherché à établir des zones où la présence protestante serait interdite.
  • L’ancien Taoiseach Bertie Ahern a rencontré des représentants loyalistes en 2003, où il a exprimé son engagement envers la paix, mais a été confronté à un scepticisme quant à sa sincérité.
  • Une tournée en Amérique du Sud de l’ancienne présidente irlandaise Mary Robinson a suscité des critiques médiatiques, notamment en raison d’une poignée de main controversée avec Augusto Pinochet.

Des archives nationales nouvellement accessibles révèlent que des républicains en Irlande du Nord ont tenté de mettre en place des zones où les protestants ne seraient pas autorisés à résider, une information qui remonte à 2003. Ces tentatives ont été portées à l’attention de Bertie Ahern, alors Premier ministre irlandais (Taoiseach), lors d’une rencontre avec des personnalités loyalistes de premier plan à Dublin.

Cette réunion, à laquelle participait également l’archevêque d’Armagh, Robin Eames, de l’Église d’Irlande, incluait Mervyn Gibson, alors président de la Commission loyaliste et grand secrétaire de l’Ordre d’Orange. Selon une note de service, M. Ahern aurait assuré la commission qu’il consacrait une part importante de son temps aux questions nord-irlandaises, motivé par un désir profond de paix et de stabilité.

« Nous ne pouvions pas changer le passé, mais nous respections les différentes croyances et traditions. »

Bertie Ahern, alors Taoiseach

Cependant, cette approche n’a pas convaincu tous les interlocuteurs. Jackie McDonald, une figure influente du camp loyaliste, a exprimé des doutes quant à la perception de la sincérité de M. Ahern par sa communauté.

« Ils se sentaient menacés, isolés et considérés comme des citoyens de seconde zone. Ils avaient l’impression qu’un triangle de fer composé des gouvernements britannique et irlandais et du Sinn Féin travaillait contre eux. »

Jackie McDonald, figure loyaliste

M. Ahern a répliqué en soulignant qu’il n’aurait pas laissé s’effondrer les institutions de Stormont de la même manière que le gouvernement britannique, faisant référence aux événements liés à Stormontgate, une controverse impliquant des allégations d’un réseau d’espionnage de l’IRA opérant au sein de l’assemblée nord-irlandaise.

Il a également rappelé que les électeurs de la République d’Irlande avaient été appelés à renoncer aux articles 2 et 3 de la Constitution irlandaise, qui revendiquaient la souveraineté sur l’Irlande du Nord. Il a précisé que son objectif n’était pas de diriger l’Irlande du Nord, mais de garantir le bon fonctionnement des institutions nord-sud.

Par ailleurs, les documents révèlent que la tournée de l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson, en Amérique du Sud en 1995, a été perçue comme une opportunité par certains commentateurs médiatiques pour la critiquer. Sa visite au Chili, marquée par une poignée de main avec l’ancien dictateur Augusto Pinochet, a particulièrement suscité la controverse. Une note interne du ministère des Affaires étrangères, rédigée par Joe Hayes, avertissait que certains médias irlandais étaient « prêts à exploiter la moindre faiblesse » lors des visites d’État.

Hayes soulignait que les émissions de radio RTÉ, telles que The Gay Byrne Show, The Pat Kenny Show et Liveline, avaient reçu un nombre important d’appels critiquant la tournée et son organisation. Il estimait que la couverture de RTÉ aurait un impact plus important sur l’opinion publique que celle de l’Irish Times, même si ce dernier était considéré comme le journal officiel.

Enfin, les archives révèlent également des pressions exercées par un avocat, Greg O’Neill, sur l’ancien Taoiseach Albert Reynolds pour augmenter considérablement l’indemnisation accordée aux hommes soupçonnés d’avoir participé au vol du train de Sallins en 1976. La ministre de la Justice, Máire Geoghegan-Quinn, a qualifié les démarches de M. O’Neill de « totalement inappropriées », estimant qu’elles violaient un cadre de négociation existant. M. O’Neill représentait quatre membres du Parti socialiste républicain irlandais, accusés d’avoir participé au vol de 200 000 £ IR (environ 380 000 € actuels) lors de l’attaque du train postal reliant Cork à Dublin.

Lire la suite : Comment expliquer le référendum de divorce de 1995 au Vatican ?

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