L’arrivée de l’automne et de la saison grippale inquiète les autorités sanitaires du comté d’Orange, en Californie. Elles craignent une surcharge du système de santé déjà fragilisé par la pandémie de coronavirus, notamment en raison de la possible concomitance d’une épidémie de grippe et d’une résurgence du COVID-19.
Les experts mettent en garde contre un scénario de « double épidémie », où la circulation simultanée de ces deux virus respiratoires pourrait exercer une pression considérable sur les hôpitaux. Le Dr André Noymer, épidémiologiste à l’UCI, souligne que « le facteur déterminant est le COVID, un nouveau virus, et le vaccin contre la grippe ne l’est pas ». Bien que la grippe soit une maladie connue et gérée par les systèmes de santé depuis des siècles, le COVID-19 représente une incertitude majeure.
Les symptômes de la grippe et du COVID-19 peuvent se ressembler – fièvre, toux, maux de gorge, congestion nasale – ce qui pourrait entraîner des retards de diagnostic et une propagation silencieuse du coronavirus. « Si une personne malade croit avoir la grippe, le COVID-19 pourrait se propager sans être détecté », explique le Dr Noymer. Cette situation compliquerait davantage la gestion de la crise sanitaire.
Les autorités sanitaires du comté d’Orange encouragent vivement les habitants à maintenir les gestes barrières adoptés pendant la pandémie – port du masque, distanciation sociale, lavage fréquent des mains – afin de limiter la propagation des deux virus. Elles recommandent également la vaccination contre la grippe.
Kaiser Permanente a récemment diffusé une vidéo pédagogique à ses membres, expliquant les différences entre le rhume, la grippe et le COVID-19. La vidéo précise que les symptômes du COVID-19, tels que la fièvre, la toux et l’essoufflement, peuvent apparaître jusqu’à deux semaines après l’exposition, tandis que le rhume se manifeste progressivement avec des symptômes moins sévères.
Les chiffres sont alarmants : la grippe tue en moyenne 60 000 personnes par an aux États-Unis, mais le COVID-19 a déjà causé plus de 200 000 décès, et ce avant la fin de l’année. Dans le comté d’Orange, la grippe et la pneumonie ont causé en moyenne 576 décès par an depuis 2017, tandis que le COVID-19 a entraîné plus de 1 100 décès depuis mars.
À ce stade, le coronavirus reste le principal facteur d’incertitude. La population du comté est plus vulnérable au COVID-19 qu’à la grippe, car il existe un vaccin contre la grippe, mais pas encore de vaccin largement disponible contre le COVID-19. La réouverture des entreprises et des écoles, ainsi que les changements de température et d’humidité, pourraient favoriser une deuxième vague de cas.
Le Dr Robert Redfield, directeur des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis, a récemment indiqué qu’un vaccin contre le COVID-19 pourrait être disponible en quantité limitée dès le mois de décembre.
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