Publié le 1er décembre 2025 à 10h43. Les lexicographes de l’Université d’Oxford ont désigné le terme « rage bait » (appât à la colère) comme mot de l’année 2025, soulignant une prise de conscience croissante des manipulations émotionnelles sur les réseaux sociaux.
- L’utilisation du terme « rage bait » a triplé au cours des douze derniers mois.
- Ce mot désigne spécifiquement les publications délibérément provocatrices conçues pour susciter la colère ou l’indignation.
- Il s’inscrit dans une tendance plus large, déjà illustrée par l’élection du mot « pourriture cérébrale » l’année précédente, qui pointait vers les effets néfastes d’une surabondance de contenus de faible qualité en ligne.
Selon l’équipe de l’Oxford University Press (OUP), qui publie l’Oxford English Dictionary, le terme « rage bait » reflète une évolution des stratégies de captation d’attention sur internet. Autrefois, la curiosité était le principal moteur des clics, un phénomène désigné par le terme « clickbait » (hameçon à clics). Aujourd’hui, les publications cherchent de plus en plus à provoquer des réactions émotionnelles fortes, notamment la colère.
« Le fait que le mot “rage bait” existe et que nous ayons constaté une augmentation aussi spectaculaire de ce terme signifie que nous sommes de plus en plus conscients des tactiques de manipulation dans l’espace en ligne. »
Casper Grathwohl, président du département de lexicographie d’OUP Oxford Languages
Casper Grathwohl explique que cette tendance s’inscrit dans un cercle vicieux : l’indignation générée par ces publications amplifie leur portée grâce aux algorithmes des réseaux sociaux, exposant davantage d’utilisateurs à ce type de contenu et contribuant à un épuisement émotionnel généralisé. L’année dernière, le mot « pourriture cérébrale » avait déjà mis en lumière les inquiétudes concernant l’impact d’une consommation excessive de contenus en ligne de mauvaise qualité.
Outre « rage bait », d’autres termes liés à l’univers des réseaux sociaux ont été pris en considération par l’OUP, notamment « aura farming » (construction d’une image publique attrayante) et « biohack » (tentative d’améliorer ses capacités physiques et mentales par divers moyens, y compris technologiques). La BBC a publié un article plus détaillé sur cette sélection.
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