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les soins se déplacent vers les réseaux sociaux

Publié le 2024-10-27 10:00:00. À Nunspeet, aux Pays-Bas, un couple de nonagénaires continue de vivre une vie active grâce à l'aide précieuse de leur famille et d'une maison de retraite attentive, illustrant un modèle de collaboration entre les…

les soins se déplacent vers les réseaux sociaux

Publié le 2024-10-27 10:00:00. À Nunspeet, aux Pays-Bas, un couple de nonagénaires continue de vivre une vie active grâce à l’aide précieuse de leur famille et d’une maison de retraite attentive, illustrant un modèle de collaboration entre les aidants naturels et les professionnels.

Arris Grootkarzijn (92 ans) et sa femme Henna (90 ans) résident à De Bunterhoek, une maison de retraite de Nunspeet. Arris, en fauteuil roulant, et Henna, installée dans un fauteuil, bénéficient du soutien régulier de leur fils Gerrit (67 ans), qui se rend chez eux trois à quatre fois par semaine.

Gerrit ne se contente pas de compagnie : il participe activement à la vie quotidienne de ses parents. « Je passe l’aspirateur, je ramène le linge sale à la maison et je le rapporte propre la semaine suivante. Hier, ma femme a même nettoyé le réfrigérateur », témoigne-t-il.

Il y a trois ans, le couple vivait encore de manière indépendante à Oldebroek, jusqu’à ce qu’Arris doive subir une radiothérapie à l’hôpital Isala de Zwolle pour des métastases à la hanche. C’est alors qu’ils ont intégré De Bunterhoek, où une chambre était disponible.

Malgré son cancer, Arris se sent bien, la douleur à la hanche ayant été soulagée par le traitement. « Je ne peux pas marcher, mais je peux faire tout le reste », assure-t-il, passant une grande partie de ses journées à dormir.

Henna, quant à elle, se sent pleine de vitalité, bien qu’elle soit parfois fatiguée en raison de problèmes cardiaques. Elle exprime sa gratitude : « Je suis tellement reconnaissante que mon mari soit encore en vie. »

« Nous ne voulons pas que nos enfants se sentent obligés de venir chaque semaine. »

Henna Grootkarzijn, résidente de De Bunterhoek

Un plan de soins précis est mis en place, définissant les tâches assurées par la famille et celles relevant du personnel soignant. Gerrit souligne l’importance de ne pas surcharger les aidants familiaux : « Je suis prêt à aider, mais pas à tout faire. En fin de compte, ce sont les professionnels de santé qui sont responsables des soins essentiels. »

Inge Vinke, infirmière coordinatrice, confirme cette approche : « Les tâches de soins fondamentales, comme aider à se lever, prendre une douche ou changer, sont du ressort du personnel. La famille apporte un soutien précieux en effectuant des tâches annexes, comme nettoyer la chambre ou accompagner les repas. »

De Bunterhoek s’appuie également sur un réseau de bénévoles, fort d’environ 160 personnes, qui proposent diverses activités aux résidents, comme des jeux ou des promenades.

Geertje Pannekoek, responsable de la santé et de la protection sociale, insiste sur l’importance de maintenir l’autonomie des résidents : « L’objectif est de les soutenir et de renforcer leur propre contrôle et leur indépendance. Il faut respecter leur capacité à réaliser des tâches simples, comme prendre le journal ou arroser les plantes. »

Cette philosophie se traduit par une approche personnalisée, où les souhaits de chaque résident sont pris en compte. Avant l’arrivée d’un nouveau pensionnaire, les employés de De Bunterhoek établissent un « transfert chaleureux », en rencontrant la personne dans son environnement habituel pour mieux cerner ses besoins et son réseau social.

Un exemple concret est l’histoire d’une résidente particulièrement attachée à ses chaises de jardin, qui ont été installées sur la terrasse de la maison de retraite à son initiative.

De Bunterhoek met également en œuvre le concept de « réablement », visant à aider les résidents à retrouver leur autonomie. L’infirmière Vinke cite l’exemple de deux résidents qui sortent quotidiennement les poubelles avec un chariot, ce qui a eu un impact positif sur leur bien-être.

« Si vous voyez quelqu’un jouer avec ses boutons, vous devriez apprendre à garder vos mains derrière votre dos. »

Inge Vinke, infirmière coordinatrice

Pannekoek souligne la nécessité d’un changement de mentalité : « Il faut laisser les résidents faire ce qu’ils peuvent, même si cela prend plus de temps. »

Pour faciliter le maintien des liens avec l’extérieur, De Bunterhoek a mis en place une « carte de déménagement » que les nouveaux résidents peuvent remettre à leurs proches : « Je déménage à De Bunterhoek, venez prendre un café avec moi ! »

La maison de retraite prévoit également d’aménager un espace multifonctionnel avec un coin jeux pour les enfants et un parcours de promenade dans les environs, afin d’encourager les visites des familles.

De Bunterhoek s’inscrit dans une démarche de qualité globale, en accord avec les principes du modèle « Travailler ensemble pour la qualité de vie », publié en 2024. Ce modèle met l’accent sur l’implication des aidants naturels et le maintien du réseau social des résidents.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.