Home MondeLes suspects de l’attaque de Bondi avaient une « formation tactique », selon la police

Les suspects de l’attaque de Bondi avaient une « formation tactique », selon la police

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2024 à 14h35. L’Australie est en deuil après une attaque terroriste meurtrière à Bondi Beach, revendiquée par des motivations extrémistes. Les autorités ont révélé que les deux assaillants, un père et son fils, s’étaient préparés à cet acte de violence et ont annoncé un renforcement des lois sur les armes à feu et la lutte contre la haine.

  • La police a découvert que les deux suspects s’étaient entraînés au maniement des armes à feu dans la campagne de Nouvelle-Galles du Sud.
  • Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a promis de nouvelles lois pour réprimer les discours de haine et l’extrémisme.
  • Un vaste programme de rachat d’armes à feu est mis en place, le plus important depuis 1996.

L’attaque, qui a fait 15 morts lors d’un événement de Hanoukka, a plongé l’Australie dans le deuil et a relancé le débat sur la sécurité et l’extrémisme. Les deux suspects, Sajid Akram et son fils Naveed, ont été identifiés comme les auteurs de la fusillade. Sajid Akram, âgé de 50 ans, a été tué par la police lors de l’intervention. Son fils, Naveed, 24 ans, a été hospitalisé puis transféré en prison.

Selon les documents de police, les deux hommes avaient mené des activités de reconnaissance à Bondi Beach quelques jours avant l’attaque. Des photos et des vidéos retrouvées montrent les suspects en train de manipuler des armes à feu dans un contexte qui suggère un entraînement tactique. Ils avaient également enregistré en octobre une vidéo dans laquelle ils proféraient des menaces à l’encontre des « sionistes » devant un drapeau de l’État islamique, révélant ainsi leurs motivations extrémistes.

L’Australie a observé une minute de silence hier matin à 7h47, heure locale, en hommage aux victimes. Le Premier ministre Albanese a exprimé sa profonde tristesse et a promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la communauté juive et prévenir de nouvelles tragédies.

« Nous n’allons pas laisser les terroristes inspirés par l’EI gagner. Nous ne les laisserons pas diviser notre société, et nous surmonterons cette épreuve ensemble. »

Anthony Albanese, Premier ministre australien

Le gouvernement australien a annoncé une série de réformes législatives visant à renforcer la lutte contre l’extrémisme et à améliorer la sécurité du pays. Un programme de rachat d’armes à feu est lancé, permettant de « retirer les armes de nos rues », selon les termes du Premier ministre. Cette initiative est la plus importante depuis 1996, date à laquelle l’Australie avait déjà pris des mesures drastiques en matière de contrôle des armes à feu suite à la fusillade de Port Arthur, qui avait fait 35 morts.

Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud a convoqué son parlement pour adopter des « réformes sur les armes à feu les plus strictes du pays ». Les nouvelles règles limiteront le nombre d’armes qu’un individu peut posséder à quatre, ou dix pour les personnes bénéficiant d’une dérogation, comme les agriculteurs. La législation interdirait également l’affichage de « symboles terroristes », notamment le drapeau de l’État islamique, retrouvé dans un véhicule lié à l’un des tireurs présumés.

Les autorités pourront également interdire les manifestations jusqu’à trois mois après un incident terroriste. Le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a déclaré qu’il examinerait également l’année prochaine une législation plus stricte sur les discours de haine, y compris des restrictions sur l’expression « mondialiser l’Intifada », un chant fréquemment entendu lors des rassemblements pro-palestiniens et faisant référence aux soulèvements passés contre les forces israéliennes dans les territoires occupés.

Naveed Akram photographié en train de pointer une arme à feu lors d'un prétendu entraînement tactique à la campagne, selon des documents de la police
Naveed Akram photographié en train de pointer une arme à feu lors d’un prétendu entraînement tactique à la campagne, selon des documents de la police

Sajid Akram, le père, était un ressortissant indien entré en Australie avec un visa en 1998. Son fils, Naveed, est né en Australie et est citoyen australien.

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