Home MondeLes syndicats argentins menacent de faire grève lors d’une marche contre la réforme du travail

Les syndicats argentins menacent de faire grève lors d’une marche contre la réforme du travail

by Clara Dubois

Publié le 19 décembre 2023 à 18h45. La Confédération générale du travail (CGT) argentine a mobilisé massivement ses adhérents ce jeudi à Buenos Aires pour contester une réforme du travail jugée défavorable aux salariés, menaçant de déboucher sur une grève nationale si le gouvernement ne revoit pas sa position. Le débat parlementaire sur le projet de loi a été reporté au mois de février.

  • La CGT et d’autres mouvements sociaux ont manifesté contre les changements proposés à la législation du travail.
  • Les syndicats dénoncent une réforme qui favoriserait les grandes entreprises au détriment des petites et moyennes entreprises, ainsi que des jeunes et des femmes.
  • Le vote sur la réforme a été repoussé au mois de février, le gouvernement souhaitant prolonger les consultations.

Les dirigeants de la CGT ont exprimé leur ferme opposition à la réforme du travail lors d’un rassemblement important sur la Place de Mai. Ils estiment que le projet de loi, qualifié de « régressif », ne répond pas aux besoins du monde du travail et risque d’aggraver les inégalités sociales.

Octavio Argüello, co-secrétaire général de la CGT, a averti que si leurs préoccupations ne sont pas prises en compte, une grève nationale pourrait être envisagée.

« Ce plan de lutte ne fait que commencer et, si nous ne sommes pas entendus, il se terminera par une grève nationale. »

Octavio Argüello, co-secrétaire général de la CGT

Cristian Jerónimo, autre figure de proue de la CGT, a souligné que la réforme ne proposerait aucune solution concrète pour améliorer les conditions de travail.

« N’offre aucune solution pour le monde du travail »

Cristian Jerónimo, leader de la CGT

Il a également dénoncé un texte « rédigé de manière régressive, favorisant les grandes entreprises » et préjudiciable aux petites et moyennes entreprises (PME).

Jorge Sola, également co-secrétaire général de la CGT, a mis en évidence la détérioration de la situation économique et sociale en Argentine, avec une entreprise qui ferme chaque heure et des centaines d’emplois perdus chaque mois. Il a souligné que cette situation justifie la mobilisation des travailleurs.

La manifestation fait suite à une réunion du conseil exécutif de la CGT, qui a réuni les dirigeants des principaux syndicats représentant des secteurs clés tels que le transport routier, la construction et la santé. Ils ont convenu d’un plan d’action contre la loi de « modernisation » du travail, qui prévoit des modifications des indemnités de départ, des horaires de travail, des congés payés, des procédures de licenciement et la mise en place d’un système de banque d’heures.

Le gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof, a également exprimé son opposition à la réforme, estimant qu’elle ne contient aucun élément susceptible d’améliorer les conditions des travailleurs et qu’elle ne bénéficie pas du soutien des PME en difficulté.

Report du vote au Sénat

Après une journée d’auditions au Sénat, le gouvernement a annoncé le report du débat sur la réforme du travail au mois de février. L’objectif initial était d’obtenir une approbation préliminaire la semaine prochaine.

Patricia Bullrich, présidente de la Commission sénatoriale du travail, a indiqué que la nouvelle date envisagée pour discuter du projet de loi est le 10 février. Elle a précisé que la commission signera une version du projet de loi qui sera ouverte à des amendements.

« C’est la demande de nombreux secteurs de travailler sur cette loi, au lieu d’en débattre le 26 décembre. »

Patricia Bullrich, présidente de la Commission sénatoriale du travail

Le 26 décembre sera consacré au vote du budget 2026 et du projet de loi sur la présomption d’innocence, déjà adopté à la Chambre des députés.

Bullrich a souligné que les commissions signeraient une version du projet de loi afin de garantir « un certain degré de certitude », bien que le texte final n’ait pas encore été rendu public.

Le sénateur Mariano Recalde (Fuerza Patria) a salué le report du débat, estimant qu’il est important de prolonger les discussions et d’entendre différentes voix. Il a toutefois regretté que la version actuelle du projet de loi ne prenne en compte aucune des observations ou propositions formulées.

« C’est une bonne chose que le débat soit prolongé et non clos aussi hâtivement, comme on l’a tenté, et que des voix soient entendues. »

Mariano Recalde, sénateur (Fuerza Patria)

Le gouvernement prévoit d’obtenir l’approbation de la commission du projet de loi budgétaire 2026 ce vendredi 19 décembre à 10 heures. Il devra ensuite adopter le projet de loi au Sénat dans les cinq jours ouvrables restants de l’année, étant donné que sa proposition initiale n’a pas progressé à la Chambre des députés après l’annulation d’un chapitre entier. Si cela n’est pas possible avant la fin de l’année, le gouvernement devra décider de prolonger le budget 2023 pour une troisième année.

Publié initialement sur Ámbito Financiero.

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