À Paris, les syndicats étudiants et lycéens ont annoncé le 31 octobre 2026 de nouveaux blocages d’établissements pour les 3 et 5 novembre prochains. Cette décision fait suite à l’interdiction de leur parcours de manifestation parisien et à des annonces gouvernementales jugées insuffisantes face aux exigences de la jeunesse.
La mobilisation contre la vie chère et pour de meilleures conditions d’études en France franchit une nouvelle étape. À l’issue d’une manifestation organisée à Paris, les organisations de jeunesse ont officialisé un calendrier d’actions visant à poursuivre la mobilisation selon Anadolu Ajansı.
✊🔴 Que Nuñez le veuille ou pas, la Coordination Régionale Etudiante d’IDF appelle à manifester à Bastille, samedi 31 octobre à 14h ! RDV devant l’Opera Bastille demain à 14h ! pic.twitter.com/8zX8yF3gC6
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Les syndicats annoncent des blocages massifs dès le début de la semaine
L’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante appellent à paralyser le fonctionnement des lycées et des universités les 3 et 5 novembre rapporte Le Monde. Suzanne Nijdam, présidente de la FAGE, a dénoncé « une stratégie du gouvernement » visant à diviser les mobilisations, tout en précisant que l’organisation attendait des annonces budgétaires concrètes après les premières déclarations de l’exécutif. De son côté, Manon Moret, secrétaire générale de l’UNEF, a estimé que l’enveloppe de 37 millions d’euros pour l’indexation des bourses était insuffisante au regard des besoins évalués à au moins 60 millions d’euros.
Sabrine Kharbach, porte-parole de l’Union étudiante, a justifié ces actions par la volonté de démontrer la légitimité des revendications et de répondre aux interdictions préfectorales. Dans la capitale, le parcours initialement souhaité par les organisateurs entre Bastille et Nation avait été interdit par la préfecture de police, contraignant le cortège à emprunter un autre itinéraire sous haute surveillance.
🔴 PARIS | Un cortège ÉTUDIANT près de Bastille malgré l'interdiction Malgré l'interdiction, des centaines d'étudiants de toute l'Île-de-France commencent à Bastille à l'appel de la Coordination Régionale Étudiante, qui appelait à manifester « que Nunez le veuille ou non ». pic.twitter.com/ZZDiDieoZh
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Le fossé se creuse entre les annonces du gouvernement et les exigences de la jeunesse
Néanmoins, les jeunes manifestants pointent du doigt la persistance de classes surchargées, de conditions thermiques difficiles dans les salles de classe selon les saisons, et la dégradation des sanitaires.
Des représentants lycéens locaux, à l’instar de Madeleine Allaeys pour l’Union syndicale des lycéens du Nord, ont également salué certaines avancées tout en réclamant la poursuite des blocus jusqu’à l’application concrète des mesures.
Tensions sécuritaires et convergence des luttes le 5 novembre
La contestation étudiante s’inscrit dans un climat d’affrontements tendus avec les autorités. À l’occasion de la manifestation du 31 octobre, le ministère de l’Intérieur a recensé 320 000 manifestants en France, tandis que les organisateurs en avaient dénombré davantage rapporte Jean-Marc Morandini. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a salué le bon déroulement général des cortèges revendicatifs malgré l’engagement de casseurs, faisant état de 40 000 contrôles menés en amont et de 565 interpellations recensées à 21 heures sur l’ensemble du territoire national.
La journée du jeudi 5 novembre constituera le prochain test pour l’exécutif, puisque les syndicats étudiants et lycéens ont appelé à se joindre au mouvement et aux manifestations initiées par les organisations de salariés, réunissant la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU confirme Le Dauphiné Libéré. Des analystes politiques comme Dominique Andolfatto soulignent que cette date marquera la capacité réelle du mouvement à mobiliser au-delà des journées précédentes.

Par ailleurs, des incidents ont éclaté dans plusieurs métropoles en marge des cortèges, notamment à Lyon, Marseille et Montpellier, où les forces de l’ordre ont eu recours à des gaz lacrymogènes face à des groupes violents. À Paris, un gendarme a notamment été blessé après avoir été atteint par un engin incendiaire.
Alors que l’exécutif tente de contenir la contestation, les syndicats maintiennent la pression pour obtenir gain de cause sur l’ensemble de leurs revendications salariales, budgétaires et structurelles.
🔴 PARIS | Échec pour Nuñez : un cortège de plus de 1000 jeunes a défilé DANS PARISAprès être parti de Bastille malgré l'interdiction, la manifestation initiée par la @CREIDF2026 a pu défiler dans Paris. La police le contraint désormais à rejoindre le cortège officiel, mais… pic.twitter.com/ny6FObScwX
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Les prochains jours s’annoncent donc décisifs pour mesurer l’ampleur réelle de la mobilisation dans les établissements secondaires et supérieurs à travers le pays.
La suite des événements dépendra en grande partie de la capacité des assemblées générales étudiantes et lycéennes à fédérer durablement les mécontentements dès le début de la semaine.
Le gouvernement reste quant à lui sous surveillance étroite des partenaires sociaux, qui attendent des arbitrages financiers précis lors des prochaines discussions budgétaires.
Cette convergence des luttes entre salariés et étudiants pourrait redéfinir le rapport de force politique dans les semaines à venir.