Publié le 14 octobre 2025 05:58:00. Une nouvelle escalade dans la guerre commerciale sino-américaine se profile avec l’entrée en vigueur ce mardi de taxes réciproques sur les navires, menaçant d’alourdir les coûts du transport maritime mondial et de perturber les chaînes d’approvisionnement.
- La Chine impose une taxe de 56 dollars (environ 52 euros) à l’entrée dans ses ports pour les navires américains.
- Les États-Unis débutent l’application de droits de douane de 50 dollars la tonne nette (environ 46 euros) sur les navires chinois, avec une augmentation annuelle prévue jusqu’en 2028.
- Ces mesures pourraient entraîner une baisse des volumes de fret et une volatilité accrue sur les marchés maritimes.
Pékin a annoncé l’imposition d’une taxe portuaire sur les navires américains en réponse à une décision de Washington d’appliquer des frais aux navires chinois, battant pavillon chinois, construits en Chine ou avec une participation de capital américain d’au moins 25 %. Le ministère chinois des Transports a précisé que cette taxe de 56 dollars s’appliquerait à tous les navires concernés dès ce mardi.
Simultanément, les États-Unis ont commencé à prélever 50 dollars la tonne nette sur les navires chinois, un montant qui augmentera de 30 dollars par tonne chaque année jusqu’à atteindre 157 dollars en 2028. L’administration américaine justifie ces mesures par la volonté de relancer l’industrie navale américaine et de réduire sa dépendance à l’égard des transporteurs chinois.
La Chine considère ces taxes américaines comme une provocation et a qualifié sa réponse de « symétrique et nécessaire ». Selon Pékin, ces mesures de rétorsion visent à défendre ses intérêts et à maintenir un équilibre dans les relations commerciales.
Les nouvelles taxes suscitent des inquiétudes quant à leur impact sur le commerce mondial. Les analystes préviennent qu’elles pourraient entraîner une augmentation des prix des produits chinois aux États-Unis et une perturbation des chaînes d’approvisionnement. Le port de Los Angeles a déjà constaté une baisse de 35 % des arrivées prévues par rapport à la même période l’année dernière.
Les marchés maritimes ont réagi négativement à l’annonce de ces nouvelles taxes. Les principales compagnies maritimes cotées à New York, telles que ZIM, Danaos et Genco Shipping, ont vu leurs actions chuter de 4 à 7 % ces derniers jours. Les experts s’attendent à une volatilité accrue dans le secteur du transport maritime, avec des risques d’augmentation des coûts d’exploitation, de modification des itinéraires et de réduction des volumes de fret.
Joe Kramek, président du Conseil mondial des transports maritimes, a déclaré :
« Tout cela affectera les exportateurs, les producteurs et les consommateurs à un moment où le commerce mondial est déjà sous pression. »
Joe Kramek, président du Conseil mondial des transports maritimes
Cameron Johnson, de Tidalwave Solutions, estime que ces mesures marquent l’ouverture d’un « tout nouveau chapitre » dans la guerre commerciale entre les deux pays. Des analystes chinois, comme Zuo Qianhu, considèrent la réponse de Pékin comme un acte de « légitime défense » et une tentative de construire un « front commun avec les multinationales américaines » dépendant de la logistique bilatérale.
L’économiste Luo Wen tempère toutefois ces inquiétudes, estimant qu’une annulation massive des commandes est peu probable en raison de l’importance des contrats en cours. Il souligne que même des acomptes de 10 ou 20 % représentent des sommes considérables.
La semaine dernière, la Chine a déjà réagi aux taxes portuaires et autres mesures imposées par Washington en imposant de nouvelles restrictions sur les terres rares. L’ancien président américain Donald Trump a alors menacé d’imposer un tarif supplémentaire de 100 % sur les produits chinois. Il a par la suite tenté de calmer le jeu, assurant qu’il entretenait une « excellente relation » avec son homologue chinois Xi Jinping et qu’il n’y avait aucune raison de s’alarmer.
Trump a écrit sur son réseau social :
« Ne vous inquiétez pas pour la Chine, tout ira bien ! Le respecté président Xi vient de passer un mauvais moment. Il ne veut pas d’une dépression (commerciale) pour son pays, et moi non plus. Les États-Unis veulent aider la Chine, pas lui faire du mal ! »
Donald Trump, ancien président des États-Unis
(Avec informations de l’EFE)
