Publié le 5 décembre 2025 14h53. Un vaccin développé pour lutter contre la grippe aviaire montre des résultats prometteurs chez l’homme, offrant une protection potentielle contre les souches actuelles qui circulent en Europe et aux États-Unis. Une étude finlandaise, menée sur des personnes exposées au virus, suggère une efficacité significative de ce vaccin déjà acquis par plusieurs pays européens.
Une étude récente menée en Finlande et publiée ce vendredi dans la revue Nature Microbiology, à laquelle l’ErasmusMC de Rotterdam a également participé, apporte des éléments encourageants concernant l’efficacité d’un vaccin contre la grippe aviaire chez l’homme. Les résultats indiquent que le vaccin génère une immunité contre plusieurs variantes du virus actuellement en circulation en Europe occidentale et aux États-Unis.
Le vaccin, appelé Aflunov et produit par le laboratoire australien CSL Seqirus, est basé sur un virus inactivé de la souche H5N8 de la grippe aviaire. Il a été acheté par plusieurs États membres européens, qui en ont acquis collectivement environ 665 000 doses l’année dernière.
L’étude a porté sur 39 Finlandais vaccinés durant l’été 2024. Ces personnes étaient particulièrement exposées au virus en raison de leur profession : employés du secteur de la fourrure et de la volaille, techniciens de laboratoire travaillant avec le virus, et vétérinaires. Les résultats montrent qu’après deux injections, les participants ont développé un niveau d’anticorps suggérant une protection complète contre le virus.
« Sur la base de la réponse élevée en anticorps que nous avons mesurée chez les participants finlandais, nous espérons que le vaccin pourra empêcher les gens de contracter la grippe aviaire. »
Rory de Vries, virologue à l’Erasmus MC
Aux Pays-Bas, c’est le variant H5N1, particulièrement contagieux et pathogène, qui prédomine actuellement chez les volailles et les oiseaux sauvages. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a déjà déclaré le vaccin sûr, mais souligne la nécessité de l’adapter régulièrement pour tenir compte de l’évolution des souches virales.
Bien que les résultats soient prometteurs, les chercheurs insistent sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle. La durée de l’immunité après la vaccination doit encore être étudiée, et l’efficacité du vaccin contre des souches plus récentes, comme celle qui a causé la mort de huit personnes au Cambodge cette année, reste à déterminer.
« Nous ne pouvons pas encore dire avec cette étude que nous avons trouvé une solution universelle pour tous les types de grippe aviaire. »
Rory de Vries, virologue à l’Erasmus MC
La situation aux Pays-Bas est actuellement jugée peu préoccupante par l’Institut national de la santé publique et de l’environnement (RIVM). Le pays dispose d’environ 51 000 doses de vaccin, mais leur utilisation n’est pas envisagée pour le moment en raison de l’absence de cas humains confirmés liés au variant circulant chez les oiseaux. Le RIVM prévoit toutefois d’évaluer la possibilité de proposer le vaccin à des groupes cibles spécifiques, en tenant compte de sa date de péremption.
Une difficulté potentielle soulevée par les chercheurs est le manque d’intérêt pour la vaccination chez les populations exposées, comme les travailleurs des élevages d’animaux à fourrure en Finlande. Cette réticence devra être prise en compte avant de lancer une campagne de vaccination à plus grande échelle.
L’Erasmus MC travaille également sur le développement d’un vaccin « universel » capable de protéger contre un large éventail de souches de grippe aviaire.
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