Une peur excessive de l’amidon pousse de nombreux Vietnamiens à délaisser le riz, base traditionnelle de leur alimentation, au profit d’une consommation excessive de viande et de graisses. Des experts en nutrition alertent sur ce déséquilibre dangereux pour la santé, soulignant l’importance d’un apport énergétique équilibré.
Lors de la 22e conférence annuelle sur la nutrition et les sciences alimentaires, organisée le 20 novembre par l’Institut national de nutrition (ministère de la Santé), le professeur agrégé Dr. Nguyen Trong Hung, directeur du Centre de conseil nutritionnel, de réadaptation et de contrôle de l’obésité, a mis en évidence cette tendance préoccupante. « Nombreux sont ceux qui se vantent de ne manger qu’un demi-bol de riz par repas, voire de s’en passer complètement. À l’inverse, ils consomment trop de viande, de graines oléagineuses, de fruits ou de jus. Ce déséquilibre représente un grand danger », a-t-il déclaré.
Selon le professeur Hung, l’amidon devrait constituer environ 50 % de l’apport énergétique quotidien, même pour les personnes diabétiques sans complications. Un adulte a besoin en moyenne de 1 600 à 2 000 kcal par jour, ce qui implique au moins 1 à 1,5 bol de riz par repas pour assurer un apport suffisant. Réduire trop fortement la consommation de riz conduit rapidement à la sensation de faim, incitant à compenser avec des aliments plus riches en graisses et en protéines, perturbant ainsi l’équilibre alimentaire.
Les experts déconseillent également de substituer le riz par des quantités excessives de pommes de terre, de maïs, de manioc ou de fruits dans le but de perdre du poids, considérant cette approche comme non durable. La consommation quotidienne de jus de fruits est également à éviter. « Un verre de jus contient entre 300 et 500 g de fruits. Si vous buvez du jus et mangez des fruits en même temps, la quantité totale de sucre dépassera largement les apports recommandés. En boire occasionnellement est acceptable, mais en consommer tous les jours est absolument déconseillé », a précisé le professeur Hung.
Au niveau de la politique de santé publique, le professeur agrégé Tran Thanh Duong, directeur de l’Institut national de nutrition, a annoncé l’élaboration de sept pyramides nutritionnelles, adaptées à chaque groupe d’âge et situation. Ces outils visuels, convertis en unités alimentaires concrètes (cuillères, bols, tranches de pain, etc.), devraient faciliter l’intégration de recommandations nutritionnelles dans les repas quotidiens.
L’objectif national, fixé pour 2030, est d’augmenter la taille moyenne des enfants et des adolescents d’au moins 1,5 cm et de porter l’espérance de vie moyenne à 75,5 ans, dont au moins 68 ans en bonne santé. Bien que l’espérance de vie actuelle des Vietnamiens soit de 74,7 ans, le nombre d’années vécues en bonne santé reste faible, de nombreuses personnes âgées souffrant de trois maladies chroniques, souvent liées à une alimentation déséquilibrée.
Les experts s’accordent sur la nécessité de renforcer l’éducation nutritionnelle, d’adapter les régimes alimentaires au contexte régional, de développer les infrastructures sportives et de s’inspirer du modèle japonais en matière de politique nutritionnelle. La conférence a également présenté cinq thèmes de recherche prioritaires pour la période 2026-2030 : les dyslipidémies, l’ostéoporose, le développement de l’enfant, la nutrition au travail et la communication pour le changement de comportement.
La conférence, qui coïncidait avec la Journée des enseignants vietnamiens, a été l’occasion de décerner un doctorat en nutrition à un étudiant et de féliciter sept étudiants de la 21e promotion. Elle a rassemblé 16 communications scientifiques et de nombreuses présentations d’étudiants, de professeurs, d’organisations internationales et d’entreprises.