L’accession à la propriété en Allemagne reste un défi pour de nombreux ménages, malgré une légère amélioration de l’abordabilité ces derniers mois. Une nouvelle étude révèle de fortes disparités régionales, avec certaines villes où même les hauts revenus peinent à financer un appartement.
Selon une recherche publiée lundi par l’institut de recherche économique IW Köln, commandée par le courtier hypothécaire Interhyp, l’achat d’un appartement est devenu un peu plus accessible à l’échelle nationale. Le fardeau financier pour les ménages à revenus élevés représente désormais en moyenne 29 % du revenu disponible, un chiffre inférieur au seuil de 35 % considéré comme critique par les experts.
Pour mesurer l’accessibilité financière, les chercheurs ont créé un « indice d’accessibilité Interhyp-IW ». Ce dernier attribue une valeur de 100 points au seuil de 35 % du revenu consacré à l’achat. Plus le score est élevé, plus l’accession à la propriété est facile. L’indice national s’établit actuellement à 128 points, en hausse par rapport aux 118 points enregistrés à l’automne 2023, mais reste bien en deçà des 221 points d’il y a dix ans.
Cependant, cette amélioration générale ne se fait pas sentir partout. Cinq grandes villes – Munich, Hambourg, Berlin, Francfort et Cologne – affichent un indice inférieur à 100, rendant l’achat difficile même pour les foyers les plus aisés.
Munich arrive en tête du classement des villes les plus chères. Les 30 % de ménages les plus riches doivent y consacrer en moyenne 43 % de leur revenu net disponible au financement d’un appartement. La situation est encore plus préoccupante dans les zones périphériques de Munich, telles que Miesbach, Erding et Fürstenfeldbruck, où ce taux grimpe jusqu’à 47 %.
Seule la région de la Frise du Nord, avec des destinations touristiques prisées comme Sylt et Amrum, est moins abordable que Munich. Cela souligne que les prix dans les zones touristiques et les résidences secondaires peuvent dépasser ceux des grandes villes.
En revanche, Düsseldorf et Stuttgart se distinguent comme les villes les plus abordables parmi les sept plus grandes d’Allemagne, avec des indices d’accessibilité de 118 points et plus. Les acheteurs y consacrent un peu moins de 30 % de leur revenu net disponible au financement de leur acquisition.
L’étude révèle également que l’accessibilité est plus élevée en milieu rural, où un ménage type consacre en moyenne 26 % de son revenu net disponible au remboursement d’un appartement. Les districts de Werra-Meißner (Hesse), Hof (Bavière), Northeim et Goslar (Basse-Saxe) affichent les indices les plus favorables, dépassant largement les 200 points.
L’indice d’accessibilité Interhyp-IW est calculé en comparant les prix d’achat typiques, les conditions de financement et le revenu net des ménages pour un échantillon représentatif de la population allemande. Les calculs se concentrent sur les 30 % de ménages les plus riches, considérés comme les plus susceptibles d’investir dans l’immobilier.
