Publié le 16 janvier 2026 à 09h44. Les destinations ensoleillées des Caraïbes et d’Amérique centrale gagnent en popularité auprès des Canadiens, au détriment des États-Unis, qui enregistrent une baisse significative du nombre de vols en provenance du Canada. Cette tendance pourrait signaler un changement durable dans les habitudes de voyage des « snowbirds ».
- La capacité en sièges des vols du Canada vers les États-Unis devrait diminuer de 10 % au cours des trois premiers mois de 2026.
- Cuba, le Mexique et le Costa Rica voient leur fréquentation canadienne augmenter respectivement de 1,2 %, 5,1 % et 14,5 %.
- Cette réorientation représente une perte de 5 000 sièges d’avion par jour pour les États-Unis, avec Las Vegas et Orlando particulièrement touchées.
Traditionnellement, des millions de Canadiens, surnommés les « snowbirds », fuient les rigueurs de l’hiver canadien pour profiter du climat plus clément des États-Unis, notamment en Floride, en Californie et au Nevada. Cependant, les données récentes de l’analyste de l’aviation OAG révèlent un changement notable dans les préférences de voyage des Canadiens.
Au lieu de se diriger vers leurs destinations habituelles aux États-Unis, un nombre croissant de Canadiens choisissent désormais les îles des Caraïbes et l’Amérique centrale. Les réservations vers Cuba ont augmenté de 1,2 %, celles vers le Mexique de 5,1 % et celles vers le Costa Rica de 14,5 %. Ce déplacement de la demande se traduit concrètement par une diminution de l’offre de vols vers les États-Unis.
Selon les estimations, ce phénomène représente une perte de 5 000 sièges d’avion par jour pour les États-Unis. Les villes américaines les plus affectées par cette baisse sont Las Vegas, qui devrait perdre 82 000 sièges sur les trois premiers mois de 2026, et Orlando, avec une diminution de 79 000 sièges. Fort Lauderdale, Los Angeles et Newark enregistrent également une baisse de fréquentation.
Ce changement de comportement des voyageurs canadiens s’inscrit dans un contexte de tensions diplomatiques croissantes entre les États-Unis et le Canada. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a régulièrement critiqué son voisin du nord, qualifiant récemment l’accord commercial entre les trois pays d’Amérique du Nord de « non pertinent ».
Les compagnies aériennes canadiennes s’adaptent à cette nouvelle donne. Air Canada a augmenté de 20 % sa capacité vers Cancún, au Mexique, et a ajouté des vols vers San Juan del Cabo, en Basse-Californie. WestJet, basée à Calgary, a quant à elle lancé de nouvelles liaisons vers Samana et La Romana, en République dominicaine.
Selon John Grant, analyste chez OAG, les États-Unis pourraient bien perdre l’un de leurs marchés hivernaux les plus importants.
« L’offre de produits dans les Caraïbes est très compétitive en termes de prix, et la qualité de l’hébergement s’améliore constamment, tandis que les tarifs des hôtels aux États-Unis restent élevés pour de nombreux voyageurs internationaux. »
John Grant, analyste d’OAG
L’analyste souligne que si les Canadiens apprécient leurs nouvelles expériences et sont prêts à accepter des vols plus longs, cette tendance pourrait signaler un changement durable dans leurs habitudes de voyage et, par conséquent, dans leurs dépenses.
« Si tel est le cas, les effets sur les marchés américains concernés pourraient être durables. »
John Grant, analyste d’OAG
Les chiffres récents confirment cette tendance générale. En 2025, les États-Unis ont enregistré une baisse de 3,7 % du nombre de visiteurs en provenance d’Europe occidentale, bien que le nombre de touristes irlandais soit resté stable. Les statistiques canadiennes de fin d’année ne sont pas encore disponibles, mais les neuf premiers mois de 2025 ont révélé une diminution de 22 % du nombre de visiteurs canadiens par rapport à l’année précédente.
