Home SantéLes zones humides réparatrices, une bonne alternative pour les communautés rurales – Universo – UV News System

Les zones humides réparatrices, une bonne alternative pour les communautés rurales – Universo – UV News System

by Sophie Martin

Des zones humides artificielles, composées de pierres filtrantes et de plantes ornementales, pourraient offrir une solution écologique et économique aux problèmes d’assainissement des petites communautés rurales au Mexique. Cette approche innovante, promue par un chercheur de l’Université Veracruzana, permet de traiter les eaux usées directement sur place, sans nécessiter d’infrastructures coûteuses.

Les communautés rurales de moins de 1 500 habitants sont particulièrement vulnérables aux problèmes liés au traitement des eaux usées, explique José Luis Marín Muñiz, diplômé du Centre de Recherche Tropicale (Agrumes) de l’Université Veracruzana (UV). Les stations d’épuration classiques ne sont pas adaptées à ces petites localités, et les rejets des zones urbaines densément peuplées impactent souvent directement ces territoires.

Pour pallier ce problème, M. Marín Muñiz propose la création de zones humides curatives, des écosystèmes artificiels conçus pour filtrer les eaux usées grâce à des éléments naturels. Ces zones sont constituées de couches de pierres poreuses, comme le tezontle ou le tepezil, et de plantes ornementales. « L’idée est de créer un espace d’absorption des eaux rejetées où elles sont filtrées naturellement », précise le chercheur.

Ce système présente plusieurs avantages. Il est moins coûteux que les stations d’épuration traditionnelles, tant en termes d’investissement initial que de fonctionnement. Il nécessite également moins d’infrastructures et de personnel qualifié. De plus, il offre la possibilité de valoriser les plantes cultivées dans ces zones humides, créant ainsi une source de revenus pour les communautés locales.

Le Mexique est considéré comme un pionnier dans l’utilisation de plantes ornementales dans les zones humides de traitement des eaux. L’État de Veracruz compte déjà 18 de ces systèmes, d’une superficie supérieure à 100 mètres carrés. « Le modèle est particulièrement adapté au sous-sol car il ne nécessite pas d’énergie électrique », souligne M. Marín Muñiz.

Plusieurs projets pilotes ont déjà été mis en œuvre avec succès. À Pastoría, dans la municipalité d’Actopan, une zone humide a été créée sur une propriété privée, sous la supervision des habitants. Elle sert désormais de lieu de formation, d’ateliers et d’activités pédagogiques avec les écoles primaires. L’initiative a été soutenue financièrement par le ministère de l’Environnement.

Les femmes de Pastoría ont même créé une association, l’Union des femmes de la zone humide artificielle de Pastorías, qui organise des ateliers de fabrication d’artisanat à base de plantes, assure l’entretien de la zone humide et sensibilise les élèves des écoles primaires à l’importance de la protection de l’environnement.

Dans la ville de Palmas de Abajo, près de la plage de La Mancha, une zone humide a été construite pour résoudre un problème de nuisances olfactives causées par les rejets d’eaux usées. La communauté s’est mobilisée pour mettre en œuvre ce projet collectif.

M. Marín Muñiz, qui a reçu le Prix d’État de Veracruz pour la science et la technologie dans la catégorie « Biologie et chimie » en 2025, insiste sur la nécessité de diffuser davantage cette éco-technique pour permettre à un plus grand nombre de communautés d’en bénéficier.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.