Santé Mentale et Maladies Cardiovasculaires : Nouvelles Recommandations Européennes
Une déclaration de consensus clinique de la Société Européenne de Cardiologie (ESC) sur la santé mentale et les maladies cardiovasculaires a été publiée dans le European Heart Journal. Élaborée par un groupe d’experts multidisciplinaire et approuvée par les principales organisations psychologiques et psychiatriques, cette déclaration fournit des directives complètes sur les liens complexes entre ces deux domaines et propose des stratégies de prévention, de diagnostic et de prise en charge.
Les auteurs soulignent l’importance de comprendre l’impact bidirectionnel de la santé mentale sur les maladies cardiovasculaires (MCV) et vice versa.
Ce document consensuel est le fruit d’un travail collaboratif impliquant cardiologues, infirmières, psychologues, psychiatres et autres professionnels de la santé. Face à un manque de preuves solides sur cette relation, le groupe a utilisé une méthode Delphi modifiée pour établir 34 recommandations basées sur un consensus d’experts.
La déclaration met en évidence que la mauvaise santé mentale augmente le risque de MCV, tandis que les MCV peuvent aggraver les problèmes de santé mentale. Les personnes souffrant de troubles mentaux sont également confrontées à des inégalités en matière de diagnostic, de traitement et de résultats.
Un lien indéniable, des lacunes persistantes
Malgré cette évidence, des lacunes importantes subsistent en termes de sensibilisation, de dépistage et d’intégration de la santé mentale dans les soins cardiovasculaires courants. La déclaration appelle à des approches multidisciplinaires centrées sur le patient, comme la création d’équipes psycho-cardio, pour lutter contre la stigmatisation, améliorer les résultats et soutenir les patients et leurs proches.
La déclaration présente un cadre pratique, basé sur six principes clés, pour intégrer la santé mentale dans les soins cardiovasculaires :
- Reconnaître le lien et les disparités entre la santé mentale et cardiovasculaire.
- Vérifier systématiquement les facteurs de risque cardiovasculaires lors des consultations en santé mentale et les problèmes de santé mentale lors des consultations cardiovasculaires.
- Utiliser des Outils pour évaluer et sensibiliser.
- Mettre en œuvre des soins fondés sur des preuves, centrés sur la personne.
- Plaider pour des changements et surmonter les obstacles.
- Évaluer les pratiques actuelles et les progrès pour améliorer les résultats.
Les études montrent que de bons indicateurs de santé mentale sont associés à un risque cardiovasculaire plus faible, tandis que le stress psychosociaux et les troubles mentaux tels que la dépression, l’anxiété et le stress post-traumatique (SSPT) augmentent le risque de MCV. Les professionnels de la santé sont encouragés à reconnaître ces associations, à intégrer le dépistage de la santé mentale dans les évaluations des risques cardiovasculaires et à plaider pour des changements au niveau du système de santé.
La déclaration recommande également d’évaluer le bien-être des aidants et de leur offrir un soutien, dans le cadre d’une approche holistique et intégrée des soins de santé cardiovasculaires et mentaux.
Dépistage systématique et équipes psycho-cardio
Une évaluation régulière de la santé mentale devrait être intégrée aux soins cardiovasculaires, en particulier après un diagnostic ou un événement cardiovasculaire majeur. L’utilisation d’outils de dépistage validés et un seuil d’évaluation bas sont recommandés en raison de la prévalence élevée et de l’impact de troubles tels que la dépression, l’anxiété et le SSPT.
Les équipes psycho-cardio devraient établir des protocoles clairs pour le dépistage, l’orientation et le traitement, en adoptant une approche de soins coordonnés. Un traitement pharmacologique peut être nécessaire dans les cas modérés à sévères, mais doit être géré avec prudence en raison des interactions médicamenteuses potentielles et des effets secondaires, en particulier chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque ou d’arythmies.
Axes de recherche futurs
Les auteurs identifient des lacunes importantes dans les connaissances concernant les stratégies de prévention et de dépistage de la santé mentale dans les MCV, les approches de gestion clinique (interventions pharmacologiques et non pharmacologiques), les soins pour les populations spécifiques (personnes souffrant de troubles mentaux sévères ou de multimorbidité) et l’organisation des systèmes de soins.
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