Publié le 17 décembre 2025 à 17h50. Face à des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses, l’Espagne va déployer un réseau national d’abris climatiques dans les bâtiments publics pour protéger sa population, une initiative annoncée par le Premier ministre Pedro Sánchez.
- L’Espagne va créer un réseau national d’abris climatiques accessibles à tous dans les bâtiments publics avant l’été prochain.
- Le gouvernement espagnol financera également des plans de prévention des inondations et des incendies dans les petites villes.
- Plus de 3 800 décès liés à la chaleur ont été enregistrés en Espagne cet été, soit une augmentation de 88 % par rapport à 2024.
L’Espagne se prépare à un été potentiellement aussi difficile que l’année précédente, marquée par des températures record et des phénomènes météorologiques extrêmes. Le Premier ministre Pedro Sánchez a présenté mercredi un plan ambitieux pour faire face aux conséquences du changement climatique, soulignant que les sécheresses et les vagues de chaleur ne sont plus des événements exceptionnels, mais une nouvelle réalité.
« Les sécheresses et les vagues de chaleur dévastatrices ne sont plus rares. Certains étés, nous ne sommes pas confrontés à des vagues distinctes, mais à une longue vague de chaleur qui s’étend de juin à août. C’est désormais la nouvelle norme », a déclaré Pedro Sánchez lors d’une conférence à Madrid.
L’été 2025 a été le plus chaud jamais enregistré en Espagne, avec pas moins de trois vagues de chaleur. En août, une vague de chaleur de 16 jours a vu les températures dépasser les 45 °C (113 °F), selon l’Agence météorologique d’État (AEMET).
Le réseau national d’abris climatiques permettra à la population d’accéder à des espaces frais et sécurisés, financés par le gouvernement central, en particulier dans les régions les plus touchées par la chaleur. Cette initiative s’appuiera sur les réseaux existants déjà mis en place par les communautés autonomes, comme en Catalogne, au Pays basque et à Murcie.
Barcelone, la capitale catalane, dispose déjà d’environ 400 abris climatiques répartis dans des bâtiments publics tels que des bibliothèques, des musées, des installations sportives et des centres commerciaux. Ces espaces climatisés offrent un refuge contre la chaleur, avec des sièges et de l’eau potable à disposition, notamment pour les personnes vulnérables, les personnes âgées, les bébés et les personnes aux revenus modestes.
Au-delà des abris climatiques, le gouvernement espagnol a également annoncé un financement de 20 millions d’euros (18 millions de livres sterling ; 24 millions de dollars) pour des plans de prévention des inondations dans les petites villes, ainsi que 20 millions d’euros supplémentaires pour des plans de prévention des incendies. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre d’un pacte d’État plus large pour lutter contre le changement climatique.
Pedro Sánchez a appelé les autres forces politiques à contribuer à cet accord, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une manœuvre électorale, mais d’un « bouclier pour l’Espagne ». L’ensemble des propositions doit encore être présenté au Congrès des députés, la chambre basse du Parlement espagnol.
Les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes et intenses, sont une conséquence directe du changement climatique d’origine humaine, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU.
L’Espagne a également connu une saison des incendies de forêt dévastatrice en 2025, avec plus de 400 000 hectares de végétation brûlée. Les estimations du ministère de la Santé font état de plus de 3 800 décès liés à la chaleur cet été, soit une augmentation de 88 % par rapport à 2024.
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