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– L’État providence n’est pas un droit – E24

by Nicolas Lefèvre

Publié le 26 novembre 2025 à 21h11. L’économiste Martin Bech Holte propose une refonte radicale du budget de l’État norvégien, axée sur des allègements fiscaux pour stimuler l’emploi et une utilisation plus efficace des revenus pétroliers, suscitant déjà des critiques sur sa méthodologie.

  • Martin Bech Holte critique l’allocation actuelle des fonds pétroliers, estimant qu’elle nuit à la productivité.
  • Il propose une réduction de 200 milliards de couronnes norvégiennes (NOK) des impôts sur le revenu du travail, s’inspirant du modèle suédois.
  • Son livre, “Budget d’État alternatif”, est contesté par certains économistes qui remettent en question la base factuelle de ses arguments.

Alors que les cinq partis au pouvoir négocient actuellement le budget de l’État pour 2026, l’économiste Martin Bech Holte présente une alternative audacieuse. Dans son nouveau livre, il dénonce une gestion inefficace des revenus pétroliers et propose des mesures visant à relancer la culture du travail en Norvège.

Selon Holte, l’État providence ne doit pas être considéré comme un droit acquis, mais plutôt comme une récompense pour ceux qui trouvent un équilibre entre contribution et bénéfice. Il souligne que l’injection massive de fonds pétroliers dans l’économie a paradoxalement affaibli la productivité et créé un “dilemme de l’héritier”.

– Si nous construisons des immeubles de bureaux deux fois plus chers, trois fois plus chers, quatre fois plus chers qu’ils ne devraient l’être, ou si nous construisons des lignes de train où nous obtenons très peu de rapport qualité-prix, alors notre capacité à utiliser nos investissements pour produire encore plus diminue. C’est ce qui a commencé à se produire, explique-t-il.

Pour inverser cette tendance, Holte propose une réduction significative des impôts sur le revenu du travail, à hauteur de 200 milliards de NOK. Il s’inspire du modèle suédois, qu’il juge plus efficace pour encourager l’emploi et la croissance économique.

– Je propose une réduction de 200 milliards de couronnes norvégiennes d’impôts sur les revenus du travail. Il s’appuie sur un modèle que la Suède a introduit depuis près de 20 ans, explique l’auteur.

L’économiste critique également les politiques fiscales actuelles, estimant qu’elles ne sont pas suffisamment incitatives. Il dénonce notamment l’impôt sur les intérêts de base, qui, selon lui, décourage l’investissement et l’entrepreneuriat.

Holte plaide également pour une réduction des subventions publiques, notamment celles accordées aux voitures électriques, qu’il juge désormais inutiles. Il estime que l’argent public devrait être davantage orienté vers des mesures favorisant la création d’entreprises et le développement de nouvelles technologies.

– Donner la priorité à l’argent maintenant pour que les gens ordinaires puissent créer leur propre vie, au lieu de donner de l’argent aux constructeurs de voitures électriques en Chine et aux États-Unis et aux importateurs de voitures, est tout à fait juste.

L’auteur souligne également la nécessité de restaurer la confiance dans le capital-risque et de réduire les obstacles à la création d’entreprises en Norvège. Il estime que les politiques fiscales actuelles découragent les investisseurs et freinent l’innovation.

Cependant, les propositions de Holte ne font pas l’unanimité. Sigurd Bjørnestad, économiste à Aftenposten, a critiqué le livre, affirmant qu’il repose sur « des faits alternatifs sur une base très mince, totalement en contradiction avec les statistiques officielles ». Per-Kristian Foss, ancien ministre des Finances, a également qualifié le “budget alternatif de l’État” de « bien intentionné, mais peu convaincant ».

Holte se défend en affirmant que sa méthodologie est rigoureuse et s’appuie sur les travaux de Robert Solow, prix Nobel d’économie en 1987.

– Elle est basée sur la méthode de Robert Solow. Il a reçu le prix Nobel en 1987 pour la méthode de calcul de la productivité globale de l’économie.

Reste à savoir si les partis au pouvoir prendront en compte les propositions de Holte lors des négociations budgétaires. L’économiste lui-même se montre prudent, estimant que ses idées pourraient mettre du temps à gagner du terrain.

– Il va sans doute plutôt mûrir avec le temps, plus que SV et MDG disant : “Oui, ça arrive !”

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