Publié le 24 septembre 2025. Malgré un large consensus politique et une validation judiciaire, l’application TikTok continue d’être au centre d’une controverse, le président Trump semblant contourner la loi fédérale visant à limiter son influence.
- En 2020, le président Trump avait initialement cherché à interdire TikTok, craignant des menaces pour la sécurité nationale.
- Le Congrès a ensuite adopté une loi bipartisane pour encadrer l’application, validée par la Cour suprême.
- Le président Trump semble désormais ignorer cette législation par le biais de décrets exécutifs, suscitant des interrogations sur ses motivations.
L’histoire de TikTok aux États-Unis est marquée par une succession d’événements impliquant les trois pouvoirs du gouvernement et les deux principaux partis politiques. Tout a commencé en août 2020, lorsque le président Donald Trump a promulgué un décret exécutif visant à contrer ce qu’il considérait comme une menace pour la sécurité nationale posée par l’application de vidéos courtes TikTok, détenue par la société chinoise ByteDance. Ce décret ouvrait la voie à une interdiction potentielle de l’application si elle n’était pas vendue à une entreprise américaine.
Le Congrès a rapidement suivi, adoptant une loi interdisant effectivement TikTok avec un soutien bipartisan significatif dans les deux chambres. Cette loi, signée par le président Joe Biden, a ensuite été confirmée par la Cour suprême dans une décision unanime de 9 à 0. Il s’agissait d’un rare exemple de collaboration entre les différentes branches du gouvernement et les deux camps politiques sur une question de sécurité nationale.
La loi est entrée en vigueur en janvier 2025. Cependant, depuis lors, le président Trump, de retour au pouvoir, a pris des décrets exécutifs qui semblent contredire cette législation. Ces décrets, bien qu’inconstitutionnels selon certains observateurs, n’ont pas été contestés par le Congrès ou les tribunaux, soulevant des questions sur les raisons de cette inaction.
Selon l’auteur de la lettre ouverte, Ted Aulich, ces décrets pourraient être motivés par le désir de voir TikTok rachetée par des investisseurs américains fortunés, prêts à accorder à son ministère de la Justice un accès direct aux données des utilisateurs. Il suggère également que ces investisseurs pourraient être intéressés par des arrangements financiers opaques, facilités par le potentiel de chiffrement des transactions.
L’auteur souligne que les données des utilisateurs de TikTok représentent une valeur considérable, non seulement en termes de ciblage publicitaire, mais aussi comme outil de surveillance et de collecte de renseignements. Il met en garde contre les risques liés à la transparence financière et à la possibilité de transactions illicites.
La perspective d’une vente de TikTok à des acteurs américains est présentée comme une solution potentielle pour apaiser les inquiétudes concernant la sécurité nationale, mais l’auteur laisse entendre que cette solution pourrait également comporter des risques cachés.
Ted Aulich
Grande fourchette
