Publié le 27 septembre 2025 à 09h57. Une bactérie couramment associée aux caries dentaires pourrait jouer un rôle dans le développement de la maladie de Parkinson, selon une étude récente qui établit un lien direct entre le microbiome et cette pathologie neurodégénérative.
- La bactérie Streptococcus mutans, présente dans la bouche, a été retrouvée dans le microbiome intestinal de patients atteints de la maladie de Parkinson.
- Cette bactérie produit une enzyme qui génère un métabolite capable d’endommager les neurones producteurs de dopamine, une caractéristique clé de la maladie de Parkinson.
- Une étude complémentaire révèle un lien entre les bactéries intestinales et buccales et les changements cérébraux observés chez les patients atteints de Parkinson, notamment en lien avec le déclin cognitif.
Des chercheurs de l’Université Postech et Sungkyunkwan en Corée du Sud, en collaboration avec l’Université nationale de Séoul, ont publié ce mois-ci dans Communications de la nature les résultats d’une étude novatrice. Celle-ci suggère que Streptococcus mutans, une bactérie bien connue pour son rôle dans la formation des caries, pourrait être un facteur déclenchant de la maladie de Parkinson via une voie microbienne directe.
L’équipe de recherche a analysé les échantillons de selles de près de 500 patients atteints de la maladie de Parkinson et de 234 personnes en bonne santé, établissant un profil détaillé du microbiome intestinal. Ils ont découvert que S. mutans produit une enzyme appelée Urda, qui génère un composé appelé propionate d’imidazole. Selon les auteurs, ce métabolite peut atteindre le cerveau et endommager les neurones dopaminergiques, un phénomène caractéristique de la maladie de Parkinson.
Pour confirmer ces résultats, les chercheurs ont exposé des souris à S. mutans ou au métabolite en question. Les animaux ont alors développé des troubles moteurs et des modifications cérébrales similaires à celles observées chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.
Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives sur les mécanismes impliqués dans le développement de cette maladie neurodégénérative et suggèrent que la santé bucco-dentaire pourrait influencer le risque de développer la maladie de Parkinson. Il s’agit de la première étude à démontrer un mécanisme « intestin-cerveau » direct dans cette pathologie.
D’autres recherches récentes
Une étude distincte, menée par le King’s College de Londres et publiée le 9 juin, a également mis en évidence un lien entre les bactéries buccales et intestinales et les changements cérébraux observés chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, en particulier en relation avec le déclin cognitif. Plus d’informations sur l’étude du King’s College de Londres. Cette étude était toutefois observationnelle et se basait sur des associations observées par imagerie par résonance magnétique (IRM), sans identifier de voie microbienne spécifique.
Ensemble, ces deux études soulignent l’importance croissante de l’axe oral-intestin-cerveau dans la compréhension de la maladie de Parkinson.
Au Canada, en moyenne, 38 personnes reçoivent un diagnostic de parkinsonisme chaque jour. Le risque de développer cette maladie augmente généralement avec l’âge, et près de huit personnes sur dix sont diagnostiquées après l’âge de 65 ans.