Publié le 2025-11-20 14:49:00. Une étude récente remet en question l’efficacité des politiques d’obligation vaccinale dans les lieux publics intérieurs mises en place dans plusieurs grandes villes américaines pendant la pandémie de COVID-19, suggérant qu’elles n’ont pas eu d’impact significatif sur les taux de vaccination ou sur l’évolution de la maladie.
- L’étude, publiée dans la revue Politique économique contemporaine, n’a trouvé aucune corrélation claire entre l’instauration de ces mesures et une augmentation de la vaccination ou une diminution des cas de COVID-19 et des décès.
- Les chercheurs ont utilisé une méthode statistique sophistiquée, dite des « différences de différences synthétiques », pour évaluer l’impact de ces mandats.
- Les résultats suggèrent que l’efficacité de ces politiques locales peut être limitée par un taux de vaccination déjà élevé, la possibilité de contourner les restrictions et un climat politique polarisé.
Malgré l’adoption généralisée de l’obligation vaccinale dans les espaces intérieurs de neuf grandes villes américaines pendant la pandémie de COVID-19, une nouvelle recherche indique que ces mesures n’ont pas eu l’effet escompté sur la couverture vaccinale ou sur les conséquences sanitaires de la maladie. Ces conclusions contrastent avec l’expérience d’autres pays où des mandats nationaux ont démontré une efficacité plus notable.
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont employé une méthode statistique rigoureuse, la méthode des « différences de différences synthétiques ». Cette approche permet d’estimer l’impact d’une politique en comparant l’évolution d’une ville ayant mis en place un mandat vaccinal à celle d’un groupe de villes similaires qui n’en ont pas adopté. Ce groupe de contrôle « synthétique » est construit en combinant les données de plusieurs zones métropolitaines non concernées par le mandat, en pondérant leur contribution pour qu’elles correspondent aux tendances observées dans la ville étudiée avant l’instauration de la mesure.
L’analyse n’a révélé aucune tendance significative reliant les mandats à une augmentation de la proportion de personnes ayant reçu une première dose de vaccin, à une diminution du nombre de cas de COVID-19 ou à une baisse de la mortalité dans les neuf villes étudiées. Selon les auteurs, ces résultats soulignent la complexité de la mise en œuvre de politiques de santé publique à l’échelle locale et suggèrent que leur efficacité peut être compromise lorsque la population est déjà largement vaccinée, lorsque les restrictions peuvent être facilement contournées en se déplaçant vers des zones voisines, ou lorsque le débat public est fortement polarisé.
« Nous voulions examiner attentivement, à partir de données, ce que ces politiques ont réellement accompli dans le contexte américain. Au moment où la plupart des villes ont imposé la vaccination à l’intérieur des locaux, les taux de vaccination étaient déjà élevés et de nombreuses personnes non vaccinées étaient profondément hésitantes ou résistantes, ce qui ne laissait qu’une marge limitée pour de nouveaux progrès. Nos résultats ne suggèrent pas que les mandats ne peuvent pas fonctionner, mais seulement que leur efficacité dépend du moment choisi, du contexte et de la facilité avec laquelle les gens peuvent contourner les restrictions locales. »
Elijah Neilson, Ph.D., auteur correspondant de l’Université du Sud de l’Utah
Ces conclusions pourraient s’avérer précieuses pour l’élaboration de futures stratégies et politiques de santé publique, en mettant en évidence la nécessité d’une approche nuancée et adaptée aux spécificités locales.
Source:
Référence du journal :
Mélo, V., et autres. (2025). Obligations de vaccination en salle dans les villes américaines, comportement vaccinal et résultats du COVID‐19. Politique économique contemporaine. doi: 10.1111/coep.70016
