Home SantéL’étude sur le sémaglutide échoue, la résistance à l’insuline reste un risque

L’étude sur le sémaglutide échoue, la résistance à l’insuline reste un risque

by Sophie Martin

Publié le 5 décembre 2023 14:35. Des essais cliniques décevants avec le sémaglutide, un médicament antidiabétique, n’ont pas permis de freiner la progression de la maladie d’Alzheimer, mais de nouvelles recherches mettent en lumière le rôle crucial de la résistance à l’insuline dans le déclin cognitif.

  • Les études EVOKE, menées avec le sémaglutide, n’ont montré aucun effet significatif sur le déclin cognitif des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
  • La résistance à l’insuline dans le cerveau accélère considérablement la détérioration des fonctions cognitives, jusqu’à quatre fois plus rapidement.
  • D’autres médicaments de la même classe, comme le liraglutide, laissent entrevoir des résultats plus encourageants, ce qui suggère que tous les traitements GLP-1 ne sont pas équivalents.

L’annonce, faite fin novembre par Novo Nordisk, représente un revers pour l’espoir de traiter la maladie d’Alzheimer en ciblant les mécanismes métaboliques, une approche qui la considérait comme une forme de « diabète de type 3 ». Les résultats, présentés lors de la conférence CTAD à San Diego début décembre, indiquent que malgré une amélioration de certains biomarqueurs liés à la maladie et une réduction de l’inflammation, le déclin cognitif des patients traités au sémaglutide n’a pas été significativement différent de celui observé dans le groupe placebo.

« Les courbes se superposent exactement », a expliqué un représentant de Novo Nordisk, soulignant l’absence d’effet notable du médicament sur la progression de la maladie. Les experts avancent plusieurs hypothèses pour expliquer cet échec, notamment un début de traitement trop tardif dans le cours de la maladie ou une difficulté du principe actif à franchir la barrière hémato-encéphalique.

Cependant, les recherches actuelles confirment l’importance de la santé métabolique dans la prévention et la progression de la maladie d’Alzheimer. Des études récentes démontrent que les personnes présentant des troubles de la mémoire légers et une résistance à l’insuline subissent un déclin cognitif jusqu’à quatre fois plus rapide. Ce phénomène s’explique par un déficit énergétique au niveau des neurones, qui, incapables de métaboliser efficacement le glucose, sont fragilisés et plus vulnérables aux protéines caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

« Le cerveau est particulièrement sensible au stress métabolique dans la maladie d’Alzheimer », a déclaré un auteur de l’étude.

Auteur de l’étude (nom non fourni dans la source)

Malgré cette déception, d’autres pistes thérapeutiques restent à explorer. Le liraglutide, un autre médicament de la classe des GLP-1, a montré des signaux positifs dans une étude plus petite, suggérant qu’il pourrait ralentir le rétrécissement de certaines régions clés du cerveau d’environ 50 %. Les chercheurs soulignent que tous les médicaments GLP-1 n’ont pas le même impact sur le cerveau et que leur efficacité pourrait varier en fonction des patients ou du stade de la maladie.

L’échec des études EVOKE conduit désormais la communauté scientifique à reconsidérer ses approches. L’espoir d’une « pilule miracle » contre la maladie d’Alzheimer s’éloigne, laissant place à une stratégie plus complexe, axée sur :

  • Des thérapies combinées : Tester le sémaglutide en association avec d’autres principes actifs, tels que les anticorps anti-amyloïdes.
  • Une conception de médicaments améliorée : Développer des molécules capables de franchir plus efficacement la barrière hémato-encéphalique.
  • Un diagnostic précoce : Mettre au point de nouvelles techniques d’imagerie pour détecter plus tôt les troubles du métabolisme du sucre dans le cerveau.

Des analyses plus approfondies des données EVOKE sont prévues pour 2026, afin de déterminer si un sous-groupe spécifique de patients pourrait bénéficier du traitement. En attendant, la prévention, par un mode de vie sain et une alimentation équilibrée, reste la meilleure arme contre le risque de démence.

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