L’euro a atteint un plus bas de quatre semaines face au dollar américain, reflétant la force persistante de l’économie américaine et la faiblesse relative des indicateurs économiques de la zone euro. Cette pression sur la monnaie unique s’intensifie à l’approche de la publication imminente des chiffres de l’emploi aux États-Unis.
La monnaie unique européenne a reculé de 0,1 % pour s’établir à 1,1638 (contre 1,1638 dollar américain), selon les données de LSEG, avant la publication prévue à 13h30 GMT des données sur l’emploi de décembre. Les investisseurs anticipent que des chiffres solides confirmeront la résilience du marché du travail américain, ce qui soutiendrait mécaniquement le dollar et accentuerait la vulnérabilité de l’euro, potentiellement en le poussant sous le seuil de 1,1600.
Par ailleurs, une incertitude juridique liée à une décision imminente de la Cour suprême des États-Unis concernant l’utilisation par l’ancien président Trump de pouvoirs d’urgence pour imposer des droits de douane ajoute une pression supplémentaire. L’euro avait initialement bénéficié de l’incertitude entourant ces droits de douane, qui pesait sur le dollar. Cependant, une décision limitant ou suspendant ces droits de douane supprimerait ce soutien et favoriserait une nouvelle fois la force du dollar.
À ce stade, le marché semble particulièrement sensible à ces deux facteurs : la solidité des chiffres de l’emploi américains et l’issue de la procédure judiciaire concernant les droits de douane. Les investisseurs se positionnent en conséquence, anticipant à la fois un chiffre d’emploi potentiellement élevé et un résultat politique qui pourrait annuler les gains antérieurs de l’euro liés à la question des droits de douane.
En conséquence, l’évolution de la paire EUR/USD est désormais davantage influencée par la crédibilité de la croissance américaine et la clarté de la politique commerciale que par les données économiques supplémentaires provenant de la zone euro. Le scénario le plus probable est que des chiffres de l’emploi robustes maintiennent le dollar fort et limitent tout rebond de l’euro. Un rapport sur l’emploi plus faible que prévu ou une décision judiciaire qui raviverait l’incertitude tarifaire pourrait, quant à lui, stabiliser temporairement l’euro et freiner sa tendance baissière.