Publié le 6 novembre 2025 à 21h55. Le Conseil de sécurité de l’ONU a levé les sanctions internationales pesant sur le président syrien par intérim, Ahmed al-Sharaa, ouvrant la voie à une rencontre historique avec le président américain Donald Trump, un geste diplomatique surprenant qui marque un tournant dans la politique américaine au Moyen-Orient.
- Le Conseil de sécurité de l’ONU a retiré Ahmed al-Sharaa et son ministre de l’Intérieur de la liste des sanctions liées au terrorisme.
- Donald Trump recevra al-Sharaa à la Maison Blanche lundi prochain pour des entretiens.
- La Syrie pourrait rejoindre la coalition internationale contre l’État islamique.
Une décision historique a été prise ce jeudi soir : le Conseil de sécurité de l’ONU a voté en faveur de la levée des sanctions contre Ahmed al-Sharaa, l’actuel président par intérim de la Syrie, et son ministre de l’Intérieur, Anas Hasan Chattab. Cette mesure intervient quelques jours seulement avant une rencontre prévue entre al-Sharaa et le président américain Donald Trump à Washington, un événement qui suscite de vives réactions et soulève de nombreuses questions.
L’organe exécutif de l’ONU a approuvé à une large majorité une résolution présentée par les États-Unis. Seule la Chine s’est abstenue lors du vote. En vertu de cette résolution, al-Sharaa et Chattab ne sont plus soumis à un gel de leurs avoirs, à une interdiction de voyager, ni à un embargo sur les armes, des mesures qui les affectaient en raison de leurs liens passés avec des groupes jihadistes tels que l’État islamique (EI) et Al-Qaïda.
Réception à la Maison Blanche
Donald Trump accueillera Ahmed al-Sharaa à la Maison Blanche lundi prochain. Selon sa porte-parole, Karoline Leavitt, cette rencontre s’inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques du président Trump visant à “rencontrer des personnalités diverses à travers le monde afin de promouvoir la paix”.
Leavitt a rappelé que Trump avait annoncé la levée des sanctions américaines lors d’un voyage au Moyen-Orient en mai, dans le but de donner au peuple syrien “une réelle chance de parvenir à la paix”. Elle a également affirmé que le gouvernement de Damas avait réalisé des “progrès significatifs” dans cette direction.
Participation à la Coalition contre le terrorisme ?
Il s’agira de la première visite officielle d’Ahmed al-Sharaa sur le sol américain. En septembre dernier, l’ancien chef de la milice islamiste HTS avait déjà pris la parole lors du débat général de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Les observateurs politiques s’attendent désormais à ce que la Syrie rejoigne la coalition internationale dirigée par les États-Unis dans sa lutte contre l’État islamique, une coalition qui compte actuellement environ 80 pays.
Le président Trump s’efforce de rétablir les relations avec la Syrie après plus de cinquante ans de règne de la famille Assad. En tant que chef de la milice HTS, al-Sharaa a mené l’offensive rebelle qui a contraint le président Bachar al-Assad à se réfugier en Russie en décembre dernier, mettant ainsi fin à une longue et sanglante guerre civile.
En quête d’une image modérée
Depuis son arrivée au pouvoir, le président syrien par intérim s’emploie à projeter une image plus modérée. Il cherche également à renouer les relations avec les pays arabes et les nations occidentales. Cependant, ses liens passés avec le groupe terroriste Al-Qaïda constituent un obstacle majeur. Ce n’est qu’en juillet dernier que les États-Unis ont retiré la désignation de HTS comme organisation terroriste étrangère.
Al-Sharaa est également confronté à des critiques persistantes en raison de violations des droits humains qui se sont produites après son accession au pouvoir. Des rapports crédibles font état de la participation régulière des forces de sécurité syriennes à des massacres.
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